Le Blog de Nicolas Dupont-Aignan - Blog NDA

Le gouvernement a annoncé hier les premières décisions suite à la Convention citoyenne sur l’écologie et la mise en place du nouveau gouvernement.

Bien entendu, les objectifs annoncés par Barbara Pompili sont consensuels mais les mesures concrètes ne suivent pas. A l’image de l’ensemble de la communication du gouvernement de Jean Castex depuis sa prise de fonction, les mots sont forts mais les actes sont faibles.

La création de deux parcs naturels régionaux est bienvenue, tout comme les économies d’énergie de bon sens qui permettront l’interdiction de chauffer/climatiser la rue.

Mais comme toujours, le diable est dans les détails concrets de ces belles paroles. Par exemple, Debout la France a toujours voulu interdire les chauffages de terrasse à gaz polluants et coûteux mais encore faut-il offrir des alternatives à nos restaurateurs pour ne pas perdre de clientèle alors que le secteur est dans une extrême difficulté avec le Covid et que la reprise de leur activité repose sur les terrasses.

Reste le sujet essentiel et prioritaire de l’isolement et du chauffage au fioul des logements, en particulier pour les ménages modestes.

Debout la France a toujours proposé un plan simple, efficace et crédible : remplacer en dix ans les 4 millions de chaudières à fioul par des pompes à chaleur propres grâce à une prime de 6000 euros financée par l’annulation des projets d’éoliennes en mer inutiles, qui vont détruire les fonds marins, les paysages côtiers tout en ruinant les pêcheurs.

Hélas, le gouvernement prend une bonne mesure en mettant fin à l’installation des chaudières à fioul mais il n’engage que 1 milliard d’euros sur deux années de suite.

Pire encore, ces 2 milliards d’euros doivent être partagés avec la rénovation thermique des bâtiments, une priorité écologique et de justice sociale qui nécessite des budgets bien plus importants.

Enfin, le gouvernement n’a toujours pas tiré de leçons pour la relance économique verte. Investir dans des alternatives au fioul oui, mais avec des produits français ! Le marché des chaudières au fioul est dominé par deux acteurs français. Il faut les accompagner d’urgence dans une reconversion car les milliards d’euros d’argent public doivent créer des emplois en France.

De la même façon, il faut cesser de rénover nos bâtiments avec des travailleurs détachés étrangers. Tout chantier soutenu par de l’argent publique ou des aides fiscales doit être mené avec des emplois français !

Debout la France dispose du programme écologique le plus complet, le plus opérationnel mais surtout le plus cohérent.

En lieu et place des mesurettes inutiles et des incantations sans lendemain, nous proposons toujours des mesures concrètes, qui permettent à la fois de diminuer immédiatement la pollution, d’améliorer le pouvoir d’achat et de créer des emplois durables en France. Seule la volonté populaire peut donner la force d’agir ! Aussi, Debout la France demande un référendum sur les 10 sujets suivants qui ont été largement débattus depuis des décennies :




1/ La suspension des accords de libre-échange déloyaux et anti-écologiques comme le CETA ainsi que l’instauration d’une taxe carbone aux frontières européennes.

2/ Une grande politique d'isolation des logements et le changement des chauffages polluants. Le coût des travaux sera financé par les économies d’énergie réalisées et un grand plan de formation permettra de lutter contre le chômage, ce plan impliquant la fin des travailleurs détachés.

3/ La relocalisation d’une industrie respectueuse de l’environnement via un fonds de soutien de 2 milliards d’euros par an, comme vient de le faire le Japon mais aussi l’attribution prioritaire des marchés publics à la production locale et aux emplois en France.

4/ La promotion du recyclage, de la réparation des biens et de l’économie circulaire pour mettre fin à tous ces objets importés qui ne durent que quelques années, coûtent cher aux ménages et multiplient les déchets polluants.

5/ La priorité donnée à l’agriculture durable et bio, en baissant la TVA sur l’alimentation saine de proximité et grâce à un plan d’autonomie alimentaire française, y compris la fin des importations de soja qui tuent la forêt amazonienne.

6/ Mettre la santé et le bien-être au cœur de notre société. Abandonner les projets coûteux inutiles au profit de l’équilibre du territoire. Par exemple, pourquoi dépenser des milliards d’euros dans Linky ou encore la 5G sans les études de précaution, alors que tant de territoires ruraux sont encore des zones blanches sans réseau mobile ni internet rapide ?

7/ Défendre la dignité animale, pilier d’un vrai humanisme avec la fin des traitements cruels et une aide à toutes les associations de terrain utiles à l’intérêt général.

8/ Un grand plan de développement du transport de marchandises par le train mais aussi le développement massif du transport électrique et de l’hydrogène. Par exemple, la centrale de Fessenheim pourrait devenir la 1ère usine de production d’hydrogène 100% durable.

9/ Le redéploiement de l’argent public dans des priorités utiles aux Français. Par exemple, les 24 milliards d’euros prévus pour les éoliennes en mer dont les riverains ne veulent pas permettraient de remplacer l’intégralité des chaudières à fioul très polluantes et coûteuses pour les familles concernées.

10/ La fin de la concentration des emplois, des services publics et des richesses dans quelques métropoles. Il faut favoriser les petites et moyennes villes pour dynamiser les terroirs qui sont la richesse de notre pays et permettre aux habitants de mieux vivre.

10 09 2009

Taxe carbone : vers le grand n'importe quoi.

28 07 2009

Taxe carbone : le grand non-dit

La volonté du gouvernement d’avancer sur la taxe carbone n’est pas niable et doit être saluée. Aujourd’hui, Michel Rocard, président de la conférence des experts chargée de décanter les choses, a ainsi officiellement remis au gouvernement ses préconisations, dont l’écho ces derniers jours avait fait coulé beaucoup d’encre. Comme beaucoup de Français, j’ai hâte d’en découvrir la facture précise.

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14 02 2009

Borloo : le courage de dire non

Debout la République a pour principe de dire avec franchise sa vérité. Hélas, cela nous conduit souvent à critiquer une action présidentielle et gouvernementale que nous jugeons tout simplement insuffisante, voire mauvaise. Mais c’est avec la même franchise, la même sincérité, que j’ai aujourd’hui envie de donner un coup de chapeau à Jean-Louis Borloo, dont le courage, décidément, tranche avec l’obséquiosité habituelle de nos ministres (de droite comme de gauche, d’ailleurs) envers Bruxelles.

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20 11 2008

Un crime contre la planète

J’ai attrapé mardi soir, « au vol », la chaîne ARTE qui diffusait une série de reportages intitulée « trois crimes contre la planète ».

Je n’ai pu regarder que le premier qui portait sur le trafic de gaz CFC… Et c’était tout bonnement effrayant.
Souvenez-vous il y a 21 ans on interdisait, par traité international, la production de ces gaz car ils détruisent la couche d’ozone. Profitant d’une faille dans le traité qui autorisait les pays émergents à en produire jusqu’en 2010 pour les besoins domestiques, la Chine est devenue le premier producteur de CFC au monde et illégalement le premier exportateur avec une totale passivité des douanes chinoises.
Quant aux douanes européennes elles sont chargées de vider l’océan avec une cuillère à café, des moyens dérisoires associés à l’intégrisme du libre-échange font que ces produits rentrent illégalement en Europe sans trop de soucis. Dans le reportage, le seul trafiquant inquiété, un chef d’entreprise européen, étant frappé d’une peine de 2 ans avec sursis et d’une amende de 600000 Euros… pas très cher payé pour la destruction de la planète. Le CFC est bien moins cher à fabriquer que les produits de substitution et donc les marges sont bien plus importantes.

On parle beaucoup d’environnement, la moindre des choses serait donc d’agir pour interdire au plus tôt, en faisant pression sur la Chine, la fabrication des CFC. Plus que jamais une régulation mondiale est nécessaire et pas seulement dans le domaine financier. Ce sera, entre autres, l’un des thèmes de mon discours dimanche prochain à la mutualité.

14 05 2008

OGM : du principe de précaution au principe de cohérence

Hier après-midi, je m’apprêtais à aller à l’Assemblée Nationale pour voter dans la nuit contre le projet de loi sur les OGM quand j’ai appris par la radio que les Députés présents dès le début de la séance avaient, par un vote historique, adopté la question préalable repoussant le débat prévu.

Quelle joie de voir peu à peu notre combat contre les intérêts de certaines multinationales soutenu par des Députés de la majorité comme de l’opposition ! Mais ne soyons pas dupes pour autant : il ne faut pas oublier, en effet, que ce sont les mêmes éternels partis politiques dominants, UMP, PS et centristes, collectivement responsables d’avoir laissé passé à Bruxelles la directive OGM en 2001, qui s’écharpent aujourd’hui devant les Français, trop souvent pour donner le change…

Quant à mon opposition à ce texte, il ne s’agit pas d’un refus de ma part des progrès de la science mais tout simplement d’une exigence minimum de prudence : le fameux principe de précaution.

Le gouvernement ferait bien d’entendre ce vote et de retravailler son dossier. L’enjeu est colossal.

Un enjeu scientifique car il faut poursuivre les recherches sur les OGM mais justement sans laisser cultiver en plein champs n’importe quoi.

Un enjeu de civilisation aussi. Quelle agriculture, quelle alimentation voulons-nous pour nos enfants ? Comment d’un côté prôner 20% de bio dans nos cantines et autoriser la culture en plein champs d’OGM pouvant présenter des résistances insoupçonnées aux antibiotiques ?

Un enjeu de pouvoir aussi. Qui décide quoi ? Allons-nous obéir à Bruxelles qui a pris la mauvaise habitude de se coucher devant semenciers américains allons-nous exercer notre libre arbitre dans la définition de notre politique de santé publique ?

La question des OGM est un test majeur de la sincérité gouvernementale sur le dossier du Grenelle de l’environnement : soit la majorité passe en force et s’en sera fini de l’espoir placé par des millions de Français dans ce Grenelle, soit le Président de la République et le Premier Ministre se rendent enfin à la raison, comprennent qu’il se passe quelque chose dans le pays, et prennent enfin leurs responsabilités.

Une fois encore, au-delà des grandes déclarations symboliques et des trémolos, le principe de cohérence sera le juge ultime de la politique gouvernementale.

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