Notre caravane a parcouru tout le pays à la rencontre des Français. Moi-même avec mes colistiers, nous avons traversé la France dans tous les sens. A chaque fois j’ai été impressionné par la lucidité des Français, leur attente de vraies solutions pour régler leurs problèmes, leur soif d’intégrité, de sincérité et de cohérence politique. Leur colère aussi de voir le débat public réduit à la politique des petites phrases, des polémiques vaines ou des dramatisations totalement artificielles.

Le décalage saisissant entre les attentes du peuple français et le spectacle politique pitoyable que nous présente chaque jour les médias explique sans aucun doute la crise existentielle de notre pays.

Tout est fait à longueur de journée pour empêcher nos concitoyens de pouvoir s’exprimer sur les vrais enjeux du pays. En permanence les dirigeants politiques nous expliquent que l’Europe est vitale pour la France, mais ils ont tout fait depuis des mois pour distraire l’attention de nos concitoyens vers des sujets futiles.

Car, bien sûr, les partis politiques qui ont construit cette Union européenne antidémocratique et inefficace ne veulent surtout pas que l’on puisse s’appesantir sur leur bilan. Considérant, selon l’expression ancienne d’un Commissaire européen que l’Union européenne est une autoroute sans sortie, les européistes au pouvoir nous enferment dans un débat simpliste et caricatural : l’Europe ou l’isolement.

Une vieille rengaine profondément pétainiste bien connue qui conforte tous les lâches qui telles des autruches veulent garder la tête dans le sable.

Et pendant ce temps notre pays sombre, nos agriculteurs se suicident, les ouvriers pleurent leurs usines délocalisées, nos jeunes s’expatrient à l’étranger et la France accueille toujours plus de migrants pour se donner bonne conscience.

A quelques jours de la fin de campagne, tout à coup quelques débats s’organisent, mais tout est fait pour enfermer les Français dans le duel Macron/Le Pen. Quelle aubaine pour le Président sortant !

Voulant s’exonérer du bilan catastrophique de ses deux premières années, le Président de la République nous ressort les grosses ficelles du second tour de la présidentielle. D’un côté le gentil européen, de l’autre les méchants nationalistes. La Présidente du Rassemblement National, qui n’est pas candidate à cette élection, est quant à elle très confortée de jouer l’opposition officielle pour faire oublier l’échec du second tour de 2017.

Et pourtant cette élection européenne obéit à un scrutin proportionnel à un tour qui donne l’occasion aux Français de pouvoir voter par adhésion plutôt que par défaut. Mais comment susciter l’adhésion quand jamais les questions de fond et les propositions concrètes ne sont abordées ?

Je me souviens de cette phrase de Clemenceau : « Gloire aux pays où l’on parle, honte aux pays où l’on se tait », car dès qu’un débat est organisé, tout est fait aussi pour discréditer celui qui avance une idée nouvelle qui souvent pourtant relève du pur bon sens.

Lundi par exemple, lors du débat organisé par LCI (de manière bien plus impartiale, il faut le reconnaître, que celui de France Télévisions qui sert la soupe à Emmanuel Macron), j’ai osé aborder la question de la démographie africaine, notamment au Sahel. Crise d’hystérie collective immédiate des écologistes de pacotille comme Messieurs Jadot et Glucksmann ou Madame Aubry.

Je ne comprends toujours pas ce qu’il y a de choquant à aider les Etats africains qui le souhaitent à mettre en place une politique de contrôle des naissances pour garantir le développement de leur Nation. J’ai retrouvé d’ailleurs une interview de l’ancien Premier Ministre du Mali, Moussa Mara, qui explique très bien qu’au rythme actuel des pays, comme le Niger ou le Mali avec plus de 6 enfants par femme, ne pourront jamais s’en sortir.

Si j’ai bien compris en écoutant hier soir la gauche bobo, la libération de la femme doit être réservée à l’Europe et leur complexe néo-colonisateur leur interdit de défendre le droit des femmes au-delà de la Méditerranée. En tant qu’héritiers du gaullisme qui a légalisé la contraception en France, nous savons que les femmes sont les premières à vouloir contrôler les naissances.

M. Jadot, dans un réflexe pavlovien propre à son idéologie, a cru contester mon propos en défendant l’accès à l’éducation des filles et au travail des femmes. Ai-je dit le contraire ? Nullement. Evidemment, l’éducation universelle des filles et l’autonomie financière des femmes vont de pair avec l’accès à la contraception. Mais est-il possible d’assurer une éducation de qualité quand le taux de natalité est à 6 enfants par femme et que l’Etat ne parvient pas à bâtir des écoles ou former assez d’enseignants pour suivre la croissance démographique ? Comment permettre à une femme de travailler si son mari exige un nombre important d’enfants sans se soucier de son consentement ? Quel aveuglement des petits esprits parisiens.

L’aveuglement des pseudo-écologistes est d’autant plus absurde que la maîtrise des naissances est non seulement un impératif pour le développement des pays africains, l’égalité des sexes et l’équilibre du monde mais aussi la clé de la transition écologique.

Comment vouloir sauver la planète sans mêler les 2 questions essentielles de la démographie et de l’environnement ? Faut-il que notre pays soi-disant des lumières soit tombé bien bas pour qu’un homme politique ne puisse plus dans une émission de télévision énoncer de simples vérités de bon sens.

Heureusement dans le Journal le Monde du 9 octobre 2018, une tribune de scientifiques rappelait cette vérité première : qu’on ne sauvera pas la planète sans s’intéresser aux femmes et aux hommes qui y vivent.

En vérité, le péril profond pour l’Europe et la France n’est ni économique, ni financier, ni militaire, mais démocratique et intellectuel. C’est tout simplement la démission de l’esprit public dont parlait déjà lors de circonstances encore plus tragiques, Marc Bloch dans ce fameux essai expliquant la débâcle de 1940 : « L’étrange défaite ».

Au cours de cette campagne européenne avec tous mes amis patriotes et républicains nous aurons tout fait pour réveiller nos compatriotes et les supplier de reprendre leur destin en main en résistant à tous les pièges de la manipulation politico médiatique qui entraîne la France vers l’abîme.

Espérons que dimanche de très nombreux Français nous auront entendus.