Bien sûr, il y a eu quelques lumières dans cette nuit noire, comme l'intervention au Mali pour contrer la contagion islamiste venue de Libye (un legs calamiteux de l'ère Sarkozy-Fillon), mais elles se comptent sur les doigts de la main.

Les échecs et les renoncements, quant à eux, sont évidemment légion.

Premier d'entre eux, l'aggravation de la situation économique et sociale : une croissance désespérément en berne dans un climat de déflation rampante, un chômage de masse (notamment des jeunes) à un niveau historique, le pouvoir d'achat sacrifié, des comptes publics toujours aussi dégradés (avec une dette publique à peine contenue malgré un léger redressement de la Sécu), des contribuables assommés, un tissu économique et industriel encore plus fragilisé, l'investissement public en recul, le crédit aux PME toujours introuvable, des oligopoles plus puissants que jamais (ainsi que l'illustre la lamentable capitulation du pouvoir face aux sociétés d'autoroutes), des travailleurs indépendants et des agriculteurs découragés,...

On aura beau écarquiller les yeux, on ne distinguera guère de cause de satisfaction dans ce tableau déprimant. Parmi les rares bénéficiaires de cette politique, certaines grandes entreprises auront gonflé leur marge grâce à la réduction fiscale et sociale de 40 milliards d'euros du « Pacte de Responsabilité » - opérée en grande partie sur le dos des contribuables particuliers. Une politique de l'offre pour pas grand chose puisqu'elle n'aura pas relancé l'investissement et l'emploi dans notre pays...

Endossant une fuite en avant sociale-libérale qui, au passage, a créé un désordre permanent à la tête du pouvoir, François Hollande a ainsi payé au prix fort sa soumission à l'ordre de Bruxelles et de Berlin. C'est son renoncement le plus grave par rapport à ses promesses de campagne, lorsqu'il se faisait fort de rééquilibrer l'orientation économique de l'Europe et la relation franco-allemande - qui relève en réalité davantage de la curatelle que de la vie de couple. En acceptant en 2012 le super-Pacte de stabilité (TSCG), encore plus rigide et sévère que le précédent, il n'a fait que confirmer un alignement coupable déjà à l'œuvre quatre ans plus tôt, lors de la ratification scélérate de la Constitution européenne-bis de Lisbonne. Et un choix politique pour la stagnation et le déclin...

Comment s'étonner ensuite que Manuel Valls ait jusqu'au bout gesticulé vainement sur le dumping économique et social des travailleurs détachés, qui pèse tant sur la compétitivité du travail des salariés français ? Qu'il soit resté si discret sur le scandale des perturbateurs endocriniens ? Etc.

Face à ce cap stratégique, les autres mesures de sa politique économique auront été de peu de poids, à l'instar des gadgets d'un Emmanuel Macron - réellement capable, en revanche, de mettre en péril les industries françaises stratégiques par ses ingérences dans leur gestion.

Deuxième échec de Hollande, la lutte contre le terrorisme et la politique étrangère : « une guerre au terrorisme » qui, à l'intérieur, se sera refusée jusqu'au bout à oser les mesures nécessaires – que je rappelle dans mon précédent billet. Tandis qu'à l'extérieur une diplomatie d'alignement sur les intérêts des Etats-Unis et de leurs alliés européens aura fâché la France avec le partenaire clé qu'est la Russie et retardé l'écrasement de nos ennemis au Proche-Orient. Sans frontières nationales et Etat régalien réellement renforcés, comment prétendre mieux protéger les Français et défendre nos intérêts dans le monde ?

Sur ce terrain de l'Etat régalien, le gouvernement a ainsi arboré le masque de la fermeté pour mieux cacher sa faiblesse et son irrésolution : des effectifs de sécurité publique à peine augmentés, des moyens matériels et juridiques encore dramatiquement déficients, une nécessaire déchéance de nationalité des terroristes aussi vite rangée dans le tiroir qu'on l'en avait fait sortir, des policiers devenus le gibier des délinquants, les douanes en déclin, les capacités des armées menacées de décrochage, une justice à plusieurs vitesses et des personnels pénitentiaires au bord de la rupture... ce volet du bilan donne lui aussi le tournis !

N'oublions pas non plus l'immigration laissée galopante, ni l'école, toujours aussi mal en point selon les classements internationaux, et encore moins en mesure que jamais de réduire les inégalités ! Souvenons-nous des mesures démagogiques et irresponsables comme le « mariage pour tous », qui attise les craintes et la discorde en faisant peser une inutile menace sur la définition de la filiation, l'interdiction de tout cumul d'un mandat local et d'un mandat national, qui va dramatiquement aggraver l'hégémonie des partis dominants sur la vie politique française, la réforme territoriale qui affaiblit la commune au profit de mastodontes intercommunaux néo-féodaux et gourmands en nouveaux agents, le tripatouillage de dernière minute des règles de l'élection présidentielle restreignant encore plus au final la liberté de choix des citoyens,...

N'en rajoutons plus ! Les historiens auront soin de graver la sombre épitaphe sur la pierre tombale de ce quinquennat de fiascos et de frasques...

En attendant, comment s'étonner que le FN ait grandi au point de rejoindre les deux autres partis dominants dans ce qu'il faut bien désormais appeler la bande des trois ? Paradoxalement, le « système » que prétend combattre Marine Le Pen est en réalité plus fort que jamais, car en intégrant son propre épouvantail celui-ci assure davantage sa survie.

Une gauche socialiste en voie d'extinction terminale pour cause de compromission avec une Union européenne ne lui laissant plus aucun espace, une droite dite de gouvernement piégée dans la même impasse à force d'avoir renoncé à la France, et une droite radicale qui est une fausse solution tant elle exacerbe les divisions entre les Français.

C'est à ce dilemme redoutable que nos concitoyens vont être confrontés l'année prochaine, auquel s'ajoutera le piège du faux changement avec des candidatures de feux-follets comme celle d'Emmanuel Macron.

A cette nouvelle mystification, il faut opposer la voie, sereine et ferme, d'un gaullisme réaliste et responsable. Rendre au pays ses frontières, sa monnaie et son budget pour pouvoir enfin rassembler les Français dans une grande politique de redressement national renouant avec le fil de l'histoire et de la personnalité de la France, tel est le sens du projet que je porte dans cette campagne présidentielle qui bat désormais son plein.

Mobilisons-nous ! En ces derniers jours de 2016 où nous laissons derrière nous le bilan catastrophique des hommes du passé et de l'échec, place à la grande querelle, la seule qui vaille, celle de l'avenir de la France et des Français ! Mes meilleurs vœux à chacune et chacun d'entre vous, mes meilleurs vœux à la France !