Régulièrement la Cour des comptes a dénoncé vertement ce qui s'apparente à du racket et même une situation de rente digne de l'Ancien régime, pointant des hausses tarifaires injustifiables - j'y suis revenu à plusieurs reprises sur ce blog. Ses rapports réguliers, ainsi que ceux de l’Autorité de la Concurrence, ont ainsi démontré que les sociétés françaises d’autoroutes affichent une rentabilité exceptionnelle qui ne se justifie ni par leurs coûts ni par les risques auxquels elles sont exposées. Pire, il a été établi que les sociétés concessionnaires ne respectaient pas les règles de bonne gestion et de transparence pourtant incluses dans le contrat de vente originel.

Tant et si bien que Manuel Valls s'est senti obligé de hausser le ton. Mais c'était pour du beurre : après avoir menacé de résilier les contrats et avoir commandé un rapport parlementaire révélant la vérité crue, le Premier ministre a capitulé en rase campagne, obtenant quelques vagues assurances contre... l'allongement de la durée des concessions ! Mon collègue Jean-Paul Chanteguet, député PS, a alors dénoncé publiquement une manipulation et claqué la porte avec fracas du groupe de travail sur les autoroutes qu'il présidait.

Il réclamait avec bon sens ce que nombre de parlementaires et une écrasante majorité de Français attendent maintenant depuis 10 ans : l'annulation pure et simple de cette vente scélérate. Chacun aura désormais compris que cette mesure de justice élémentaire et d'intérêt général évident ne sera pas, hélas, prise par le PS ni l'opposition. Alors qu'en ces mois d'été nos concitoyens sont des centaines de milliers à se faire tondre sous le regard impassible de gouvernants démissionnaires, je renouvelle mon engagement devant les Français d'en finir avec ce scandale : le rachat de ces sociétés d’autoroutes doit se faire au prix où elles ont été vendues en 2006, augmenté des quelques investissements faits par ces sociétés et surtout diminué des bénéfices illégitimes réalisés par elles depuis cette vente. Je porterai cette question, et toutes celles d'importance nationale que taisent les partis dominants, au cœur de la campagne présidentielle de 2017.