Ainsi, le projet de budget 2006 illustre les incohérences économiques de la majorité. D’un côté on nous annonce la privatisation des autoroutes et d’EDF, soi-disant pour renforcer ces entreprises, de l’autre on les ponctionne, avant de vendre une part de leur capital, en les obligeant à verser à l’Etat un maximum de dividendes. Comme en 2005, la France ne respectera les 3% de déficit autorisés du Pacte de stabilité que grâce à des recettes exceptionnelles.

Pour 2006, l’Etat compte sur 2 milliards de versement de la Poste sur 900 millions d’Euros de dividendes exceptionnels des autoroutes, sans compter ceux d’EDF. Pourquoi alors privatiser quelques mois plus tard, des entreprises qui rapportent tant à l’Etat grâce à leur bonne gestion ?

Gilles Carez, le Rapporteur UMP du budget, a bien confirmé dans son discours ce que je craignais : la valeur des sociétés d’autoroutes est calculée de manière très « aléatoire » afin de les vendre au plus vite. Elles sont estimées par Bercy entre 12 et 14 milliards d’Euros, alors que si nous les gardions dans le secteur public, elles rapporteraient, au cours des 30 prochaines années, un total de 40 milliards d’Euros.

Non seulement c’est une erreur de les vendre et de se priver ainsi des moyens de financer les infrastructures de transports dont le pays a besoin, mais de surcroît, c’est une mauvaise opération financière que va faire l’Etat.

En vérité, si je suis favorable aux privatisations (exemple de Renault ou Air France) j’y suis hostile lorsque nous sommes dans un secteur où la concurrence n’est pas libre et où nous avons besoin d’investissements publics à long terme.

Même les Etats-Unis sont revenus de la privatisation des producteurs d’électricité !

Pour boucler les fins de mois difficiles de l’Etat et pour obéir à l’idéologie ultra libérale de Bruxelles, le Gouvernement s’apprête à commettre une erreur historique. Nous devons tout au contraire proposer une vraie politique publique dans les secteurs de l’énergie et des transports, ce qui n’interdit en rien les réformes du service public, ni la libéralisation de notre économie.

J’en reparlerai avec des propositions originales au cours de la campagne.

N’hésitez pas à me faire part de vos commentaires