Autant la réaction du milieu politique m’importait somme toute peu, autant le sentiment des habitants de ma ville qui m’accompagnent depuis maintenant dix ans me souciait. Il faut bien comprendre le lien quasi charnel qu’il peut y avoir entre un Maire et la population de sa commune. Comprendraient-ils ma décision ? La réaction fut meilleure que je ne le l’imaginais. Sur le marché dimanche où j’assurais une permanence, beaucoup venait me voir me demandant d’exprimer leur ras le bol vis-à-vis de la politique, des politiques qui, à leurs yeux, ont plus qu’échoué, failli à leur mission. L’absence d’expérience ministérielle souvent perçue comme un handicap était à l’inverse vue comme un atout. Une jeune femme m’apostrophe en me lançant : « au moins, vous vous n’êtes pas responsable comme les autres de notre monde ! »

Pour autant, je ne suis pas dupe de l’ampleur du chemin à parcourir pour asseoir la crédibilité de ma candidature. Si aucun article de presse n’a mis en doute ni la sincérité de ma démarche ni la cohérence de mes idées, beaucoup raisonnent en terme d’espace politique. « Quel est votre espace entre de Villiers et Sarkozy ? Avez-vous les moyens de vous imposer ? Sur quelle ligne ? »

Ils raisonnent comme les sondeurs, de manière statique et non dynamique. Ils oublient qu’un espace se construit. Ils méconnaissent l’état de désespérance politique de nos concitoyens, comme l’usure du clivage droite gauche.

Ils ne perçoivent pas encore l’originalité et la force de mon projet politique qui répondra, j’en suis convaincu, à l’attente de ces millions de Français qui ont voté NON au référendum non par rejet de l’Europe, ni par adhésion aux extrêmes des deux bords, mais pour reprendre en main leur destin.

Rien n’est gagné bien sûr. Il y a tout à faire. Pouvoir s’exprimer à la télévision ou à la radio sur le fond des choses, mobiliser ses soutiens ou en acquérir de nouveaux, convaincre 500 Maires de parrainer, répondre à tous ceux qui vous sollicitent ou qui vous menacent ! Réagir à l’actualité aussi, et elle est lourde ces temps-ci.

La position de Nicolas Sarkozy en faveur du vote des étrangers aux élections locales, m’a obligé à réagir fortement. Après la discrimination positive et la remise en cause feutrée de la loi de 1905, la proposition de Nicolas Sarkozy parachève une vision de la République que je conteste. La dérive à l’anglo-saxonne est totale. Car ce qui fonde le droit de vote, c’est bien la nationalité. Une nationalité soit dit en passant plus facile à acquérir dans notre pays que dans bien d’autres.

A mesure que Nicolas Sarkozy dévoile son projet présidentiel, ma candidature devient de plus en plus légitime.

Cet après-midi, salle des 4 colonnes à l’assemblée nationale, quelques parlementaires dubitatifs il y a encore une semaine, m’ont encouragé à poursuivre. Ils voulaient même cosigner le communiqué de presse contre le vote des étrangers. De même, la politique du gouvernement suscite les plus grandes interrogations.

Je n’ai pas voulu cautionner ses choix budgétaires hasardeux. Je me suis abstenu sur le volet recettes de la loi de finances. J’attends la fin de la discussion et le volet dépenses pour arrêter une position définitive, le vote contre ou l’abstention.

Nous aurons l’occasion d’en reparler...

Nicolas Dupont-Aignan