J’en ai profité pour lire le roman de Patrick Besson « le Saint Sépulcre ». Son évocation des croisades, son regard sur le siècle de Saint-Louis, sa vision si noire de l’humanité, ébranlent. Je souhaite simplement qu’il ait tort ! Pour autant, son analyse historique est passionnante. Cette période de notre histoire que l’on retrouve d’ailleurs dans les « Rois Maudits » de Maurice Druon, mérite intérêt. Philippe Auguste, Louis IX, Philippe le Bel, trois grands rois qui, sur plus d’un siècle, ont « fait » la France. L’histoire nous apprend ainsi à redécouvrir « le temps long », si éloigné de notre culte de l’instantané ! J’aime ces journées intermédiaires où l’on travaille à son bureau sans y être obligé, où les rendez-vous sont rares, où le temps est un peu maîtrisé.

Je viens de parcourir la presse de ces derniers jours. Une fois de plus sa lecture m’assombrit car les évènements qui y sont retracés, n’ont pour moi rien d’anecdotiques. Les émeutes en Seine Saint Denis, la suppression du Commissariat au Plan, le piège des négociations de l’OMC : ces nouvelles apparemment sans lien entre elles, sont en vérité les signes cohérents d’un affaissement continu de notre pays.

Cela fait plus de dix ans maintenant que j’alerte sur les risques d’explosion en banlieue parisienne. Ce qui est d’ailleurs étonnant c’est qu’il n’y ait pas eu davantage de morts. Au lieu de l’accuser de manière scandaleuse, on devrait plutôt féliciter la tenue de notre police qui subit à longueur d’année, accusations, humiliations, blessures même, sans réagir !

Nicolas Sarkozy a raison de ne pas vouloir capituler, mais il lui faut alors les moyens d’agir. Or, la réalité n’a rien à voir avec le discours. « A la fin de la législature (me confiait un responsable de la police nationale) nous n’aurons pas un agent de plus sur le terrain qu’en 2002 ! Les recrutements effectués en raison de la loi de programmation sur la sécurité, ayant été compensés par la suppression des Adjoints de Sécurité. La répartition des effectifs est toujours aussi inégalitaire. Par exemple, en grande couronne d’Ile de France, nous sommes toujours aussi démunis ! »

Mais comment parler de sécurité sans évoquer la situation de la justice. Absence de greffiers, manque d’informatique, laxisme dans la gestion des tribunaux, politisation scandaleuse, maquis du code de procédure : depuis 2002 qu’avons-nous vraiment fait pour donner à la France une justice honorable ?

Comment s’étonner dans ces conditions de la déception de nos concitoyens. Dans mon projet présidentiel, je ferai de nouvelles propositions concrètes. Mais l’essentiel n’est pas là. Pour que ces mesures soient réellement mises en application, faut-il encore avoir la volonté de mettre un grand coup de pied dans la fourmilière de la pensée unique et du corporatisme !

Il en est d’ailleurs de même pour la politique d’immigration. Nous en reparlerons !

L’autre évènement majeur de ces derniers jours est le camouflet de la Commission européenne et de son négociateur à l’OMC (M. Mandelson), à la France et au Président de la République.

Après la mise en garde de Jacques Chirac sur la baisse des droits de douane en matière agricole, la nouvelle offre de M. Mandelson, avec la complicité de M. Lamy, est une véritable provocation. Alors que l’Union européenne a déjà réformé unilatéralement sa PAC et que les Etats-Unis n’ont rien fait, la Commission se place en situation de faiblesse devant l’OMC tout en accusant implicitement un pays membre, le Nôtre, de blocage aux yeux du monde entier. La France aurait dû déjà réagir. Son silence vaut, soit double langage : -j’ai protesté en public, mais j’approuve en privé- soit impuissance. J’espère que le Président et le Premier ministre, sur une affaire aussi grave pour la crédibilité de notre pays comme pour nos intérêts économiques, vont vite clarifier leur position.

A cet égard, la suppression du Commissariat au Plan pour « crime de lèse Majesté », le Premier ministre n’ayant semble-t-il pas apprécié la liberté de ton de cette institution publique, augure mal du fameux « patriotisme économique » !

Nous aurons là aussi l’occasion d’en reparler.

A bientôt.