La réponse du gouvernement n’a pas été non plus à la hauteur. La zizanie, téléguidée par les chiraquiens, entre Nicolas Sarkozy et le Ministre de l’égalité des chances est inadmissible. Je suis souvent en désaccord avec le Ministre de l’Intérieur, pour autant je n’accepte pas ce procès en sorcellerie qui vise à l’affaiblir. Soit le Président de la République et le Premier Ministre estiment qu’il n’est pas apte à exercer ses fonctions et ils lui demandent de les quitter soit ils le confortent. En vérité, la compétition présidentielle entre le Premier Ministre et le Ministre de l’Intérieur mine toute l’action du gouvernement et discrédite un peu plus chaque jour la majorité.

La contradiction entre le discours guerrier de Nicolas Sarkozy et la faiblesse des moyens dont dispose l’Etat régalien saute de plus en plus aux yeux. Ce n’est pas non plus, comme le croit le Premier Ministre, en reprenant le discours « tarte à la crème » de la prévention que l’on règlera le problème des banlieues. En vérité, le débat prévention / répression est artificiel alors que la terrible réalité apparaît sur nos écrans télévisés. Les Frères musulmans appelés à la rescousse par un Etat en perdition pour rétablir l’ordre public ! Le communautarisme n’est plus seulement toléré mais il est désormais cautionné par l’Etat lui-même !

Loin de la démagogie de la gauche comme des généralités exprimées par le Premier Ministre, il existe des solutions pour désamorcer la crise. 1 – Ne faire preuve d’aucune faiblesse face aux meneurs. Cela exige des moyens policiers et de renseignements, une loi anti-casseurs, une justice efficace. Malgré les bonnes intentions manifestées depuis 2002 notamment par le Ministre de l’Intérieur, nous en sommes encore loin tant la classe politique est médiatisée, inconsciente de la situation réelle des banlieues. Combien d’engagements pris par l’Assemblée Nationale ont été cassés discrètement par Bercy pour faire des économies de bouts de chandelle. Hier, j’ai ainsi proposé avec plusieurs collègues d’augmenter massivement le nombre de postes de greffiers prévu dans le budget 2006. Nos gouvernants savent-ils qu’à Evry, il faut 13 mois en moyenne pour exécuter une décision de justice si le coupable est présent à l’audience et 24 mois s’il est absent !

2 – Il faut ensuite lutter contre l’immigration clandestine qui gangrène notre pays. Là aussi rien ne sera possible sans un durcissement des lois, le rétablissement partiel des contrôles à nos frontières et l’expulsion rapide du territoire des meneurs. Même si chaque situation individuelle est douloureuse, il faut avoir le courage d’être ferme. Il faut aussi bien évidemment relancer la politique d’aide au développement de l’Afrique et du Maghreb.

3 – Il est parallèlement nécessaire de mettre le paquet sur la prévention. L’arrêt brutal des emplois jeunes dans le milieu associatif, que j’avais regretté en 2003, a eu des conséquences réelles dans les banlieues. De même, il est temps de réaffirmer les principes républicains à l’école en ne tolérant aucun écart et en renforçant l’aide aux devoirs.

4 – Enfin, comment dissocier la situation dans nos banlieues de celle de l’emploi. Nous revenons toujours à la même question : celle du développement économique européen dans le contexte de la mondialisation. Pendant que tout ce beau monde pérore à Paris sur le faux débat prévention / répression, le Commissaire européen Mandelson, aux ordres de Monsieur Blair, négocie à l’OMC le cycle de DOHA prévoyant une libéralisation des échanges qui, mal maîtrisée, aboutira à des délocalisations massives en Europe mais aussi au Maghreb en raison de la concurrence chinoise et indienne.

De même, si nous voulons mieux agir pour le développement de l’Afrique, il faut faire accepter par l’OMC le principe des zones régionales de libre échange que propose Maurice Allais. Contrairement à ce que veut nous faire croire la propagande anglo-saxonne, l’abaissement des barrières douanières agricoles en Europe ne profitera en rien aux pays pauvres puisque les exportations de ces derniers sont déjà exonérées de droits de douane en Europe.

Pour conclure mon propos de ce jour, je voudrai répondre aux internautes qui se posent des questions sur mon appartenance à l’UMP. Là aussi, c’est le faux débat par excellence. A partir du moment où j’ai décidé de présenter directement aux Français une nouvelle offre politique à la présidentielle, il va de soi que je me situe sur un autre registre.

L’élection présidentielle n’appartient pas aux partis politiques, comme d’ailleurs le référendum du 29 mai leur a échappé. Une recomposition politique interviendra obligatoirement après l’élection de 2007. L’UMP, parti attrape-tout, ne pourra rester en l’état. Faut-il pour autant précipiter les échéances ? Non, bien sûr, car notre marge de manœuvre dépendra de notre score en 2007. Plus nous serons forts, plus nos chances seront élevées d’enraciner dans le paysage politique la force du renouveau national et républicain dont le pays a besoin. Laissons donc du temps au temps.

Ne confondons pas de surcroît les élus de l’UMP et les électeurs. Des millions de Français qui avaient fait confiance à ce parti en 2002 se cherchent. Proposons leur un projet fort, un programme précis et nous transformerons l’essai. En un mot, partons de l’essentiel. Les idées d’abord, et ne nous enfermons pas dans des débats de structures.

N’ayez de toutes façons aucune crainte. Ma liberté est totale. Mais elle ne pourra être durable et fondatrice d’un mouvement que si vous êtes nombreux à me soutenir et à m’aider.