Les mineurs ont un sentiment d’impunité totale. De surcroît, le discours ambiant légitime le recours à la violence. A cet égard, le Premier Ministre dans son allocution de mardi à l’Assemblée nationale, a cédé à la démagogie en insistant sur les discriminations et en relançant la machine à subventions.

Le temps était d’abord au rétablissement de la paix civile. Il ne fallait pas au même moment annoncer une nouvelle débauche de moyens donnant en quelque sorte raison aux émeutiers. Bien évidement, cette crise appelle à des réformes de fond, à une prise de conscience nationale. Il serait absurde de se limiter au simple rétablissement de l’ordre public. Mais il y a un temps pour tout.

J’ai retrouvé par hasard les formules du Général de Gaulle au moment de la crise des généraux. Je cite : « on ne capitule pas devant l’émeute, on fiche les meneurs en tôle, on flanque les trublions à la porte. Un gouvernement n’a pas de propositions à faire, mais des ordres à donner ».

Voilà les phrases que les Français attendaient du Président de la République. Au lieu de quoi on a assisté dans la cour de l’Elysée, dimanche soir, à du jamais vu. En vérité l’exécutif, comme les dirigeants de gauche et de droite, ont peur des émeutiers et ces derniers l’ont bien compris !

Tout va être fait maintenant pour étouffer les signes du mal. J’étais invité à une émission de grande audience un soir mais j’ai été décommandé au motif que la direction ne voulait plus d’intervention politique risquant de « provoquer » les jeunes !

Si l’on veut traiter enfin à la racine les problèmes des banlieues, nous devons relever 4 défis :

- le défi de l’Etat de droit. Rien ne pourra se construire sur une justice en lambeaux. 50% des jugements des tribunaux correctionnels ne sont pas appliqués 18 mois après avoir été prononcés. La question des mineurs, malgré les avancées de la loi Perben 2, n’est toujours pas traitée, les centres fermés ayant été torpillés par les professionnels. Les recrutements de greffiers, nécessaires au bon fonctionnement de la justice, n’ont pas été effectués contrairement aux promesses. En un mot, il faut au préalable garantir l’Etat de droit.

- le deuxième défi est celui de l’immigration car nos citées sont trop fragiles pour digérer l’afflux ininterrompu de nouveaux arrivants.

- le troisième défi est celui de l’école qui doit renouer avec les principes de la République

- enfin le défi de l’emploi est bien sûr au cœur de tout.

On est donc bien loin du rafistolage annoncé, de l’assistanat relancé. Certes ! S’il n’est jamais inutile de panser une plaie, il est quand même préférable de guérir le malade. Hier, je suis allé à Lille pour mon premier déplacement de campagne présidentielle. En hommage à la mémoire du Général de Gaulle, en ce 9 novembre date anniversaire de sa mort, nous avons visité sa maison natale. En débattant à l’heure du déjeuner avec des militants, je réfléchissais aux raisons de sa popularité grandissante à mesure que les années passent.

Au premier rang d’entre elles : la droiture morale, le sentiment que la politique était au service du pays et non l’inverse. Au second rang, sa capacité à rendre au peuple français sa dignité en lui offrant un projet approprié, en donnant un sens à l’action collective.

Bien évidemment il n’est pas souhaitable de préparer l’avenir en ne regardant que le passé. Pour autant, les enseignements du Gal de Gaulle constituent un levier pour relever les défis de l’avenir et à ce titre ils méritent d’être analysés avec attention.

Les visites d’entreprises que nous avons effectuées dans l’après-midi, ont montré qu’il était visionnaire quant au mérite de la participation. Je vais bientôt rentre publiques quelques propositions fortes dans ce domaine qui, je l’espère, permettront enfin de réconcilier performance économique et progrès social.

A cet égard j’ai été scandalisé par le lancement sur Internet du premier site offrant des emplois par enchères inversées. En un mot, une fois l’emploi annoncé, l’internaute qui offre le salaire le plus bas est retenu par l’employeur !! Cette méthode, je l’espère, sera bientôt interdite tant elle est dégradante…. Mais la mondialisation telle qu’elle fonctionne et se développe aujourd’hui, ne constitue-t-elle pas un gigantesque système d’enchères inversées ?

Merci à tous ceux qui participent à ce blog. Le nombre élevé de commentaires rend difficile une réponse personnalisée à chacun. Je veux cependant dans l’urgence apporter quelques réponses à certaines interrogations des internautes.

Je pense à Marc B, N°30. Je n’ai pas l’intention de faire de mauvais procès à Philippe de Villiers. J’ai juste indiqué ma volonté de ne pas céder à la tentation du bon mot ou du calembour pour « draguer » tel ou tel électorat. Encore une fois, si tant de Français se sont résignés à voter pour les extrêmes, qu’ils soient de gauche ou de droite, c’est par manque d’un projet global pour la France. Il ne sert à rien d’imiter Jean Marie Le Pen, il faut préparer le projet qui redonnera une espérance à tout un peuple. Marc B ne doit pas s’inquiéter. Je ne suis en aucun cas un « leurre ».

Réponse à François Patte, N°38. Là aussi pas d’inquiétude. Des réponses précises viendront. De surcroît, lorsque je parlais d’incendies heureusement sans gravité, j’évoquais ma ville et non le reste du pays.

Patrick-Louis Leroy, N°42, a raison d’évoquer la question du logement. Là aussi, les partis de gouvernement ont démissionné. Nous reviendrons sur ce sujet avec des propositions pour éviter la spéculation foncière.

Une réponse aussi pour le N°52. Il ne faut jamais partir de son pays quand il affronte des difficultés. C’est au contraire maintenant que nous devons tous être sur le pont pour redresser la situation.

Enfin, j’ai bien noté les questions fondamentales posées par Jérôme, N°61. N’ayant pas le temps ce soir, j’y répondrai une prochaine fois.

A bientôt,