L’autre excès serait de tout résumer à une nouvelle guerre de religion, l’alimentant par là même et forçant les nouveaux Français d’origine étrangère à basculer dans le camps d’un islam identitaire, parfois radical et franchement antifrançais.

La France n’est pas loin de basculer dans ce terrible engrenage de la haine et du conflit. Une sorte de libanisation intérieure. Tout doit être fait pour désamorcer cette bombe à venir. Les hommes politiques ont une responsabilité écrasante. Malheureusement les analyses répandues sur les ondes, ajoutées à la démagogie ambiante, n’augurent rien de bon.

Ne résumons pas tout d’abord la crise actuelle à une crise ethnique. Faute d’avoir su distinguer les meneurs et les casseurs des autres jeunes, nous oublions tous ceux qui, aussi d’origine étrangère et notamment les jeunes filles, s’assimilent à la société française. N’ayons pas honte de ce mot : ASSIMILATION. Cessons cette entreprise de victimisation générale répétée sur tous les tons et même par le Président de la République, qui finalement donne du crédit aux émeutiers et aux apôtres du communautarisme.

Bien évidement, il est plus difficile de s’en sortir en habitant ces quartiers que les autres. Pour autant, n’oublions pas que le chômage, la précarité, gangrènent toute la société française. L’apitoiement soudain des élites sur une fraction de la population leur permet d’oublier la faillite complète de leur politique économique depuis 20 ans qui ne touche pas seulement les banlieues mais lamine tout autant les classes moyennes, les actifs, les jeunes, les habitants des zones rurales et des villes moyennes / petites.

C’est pourquoi, comme je l’ai déjà écrit sur ce blog, rien ne pourra se faire là aussi sans une politique économique de croissance forte. Nous en reparlerons.

Prenons garde ensuite à ne pas prescrire des remèdes aggravant à terme le mal. Ces évènements sont aussi le prétexte pour les donneurs de leçons permanents d’accabler notre pays et la République. Or, le modèle républicain n’est, contrairement à ce que l’on veut faire croire, pas en cause. C’est tout au contraire l’abandon du modèle républicain depuis 30 ans qui explique la faillite générale d’aujourd’hui.

Ce serait un contre sens total de liquider les fondations de la République qui pourraient à l’inverse servir de bases à la reconstruction du pays.

Le dossier de la « discrimination positive » est emblématique. J’entendais à la radio ce matin une confusion totale entre l’aide aux collèges des ZEP et la procédure de sélection de l’IEP de Paris. La République n’a jamais empêché d’accorder plus de moyens à ceux qui en avaient le plus besoin. L’égalité des chances impose justement de compenser les inégalités du départ. Ainsi il est bien normal de favoriser les territoires éloignés, les catégories modestes…

En revanche, cela n’a rien à voir avec le passe-droit fondé sur la couleur de la peau que représente la discrimination positive et qui pour moi, aura rapidement un effet contre-productif.

La procédure de sélection de l’IEP n’est que la vision moderne des dames patronnesses du 19ème siècle. Il s’agit d’aller chercher quelques élèves que l’on dispense de concours, déconsidérant d’ailleurs tous ceux qui, d’origine modeste, font l’effort de préparer et de passer ce concours.

La République, c’est aider les plus faibles à franchir le même examen que les autres. La discrimination positive, c’est supprimer l'examen au nom d’une « distinction d’origine, de race ou de religion », en violation des principes fondamentaux de la République tels qu’ils sont récapitulés dans le préambule de notre Constitution. Dans un cas, on incite à l’effort et on garantit l’égalité des droits, dans l’autre, on alimente les jalousies et les injustices au moyen d’un apartheid d’apparence sympathique.

Cette crise dite des banlieues, n’est en définitive qu’un soubresaut de plus de la crise profonde de notre modèle républicain, abandonné par ceux qui avaient pour premier devoir de s’en faire les ultimes défenseurs.

L’enjeu de 2007 est donc considérable. Allons-nous voir la République définitivement sacrifiée ou, tout au contraire, allons-nous réagir collectivement ? Mon devoir est de présenter un vrai projet alternatif d’inspiration résolument républicaine. Les pistes que j’ai présentées dans mon discours de Dourdan le 10 septembre dernier, ordonneront le programme que je présenterai. Jamais ma candidature n’a été autant justifiée. Les obstacles ne manqueront pas tant les thèmes que je vais aborder, les solutions que je vais proposer, vont gêner à gauche comme à droite. A cet égard, je le répète pour ceux qui en douteraient encore, je ne suis pas candidat à l’investiture de l’UMP. Je suis d’ores et déjà candidat devant les Français. La question des primaires n’a aucun sens, car un parti quel qu’il soit, n’a pas à monopoliser le dialogue direct qui doit s’instaurer entre un homme et le peuple.

Certains m’interrogent sur mon passé. Le temps des boules puantes semble venu… J’apprends ainsi que j’aurais eu ma carte du PS ! Cela est totalement faux ! Si tel avait été le cas, il y a belle lurette que la presse l’aurait révélé !! En revanche, il est vrai qu’en tant que sous-préfet à la Préfecture de la Région Ile de France entre 1990 et 1993, j’ai travaillé comme serviteur de l’Etat sur le projet de schéma directeur de la Région Ile de France porté par le Premier Ministre de l’époque, Michel Rocard. D’où, sans doute, la rumeur… j’avais d’ailleurs travaillé avec beaucoup de bonheur sous l’autorité de deux grands commis de l’Etat, Olivier PHILIPPE, gaulliste de toujours et Christian SAUTTER, dont l’engagement à gauche est bien connu.

Je suis très fier de cette période où l’Etat tentait, sans y réussir d’ailleurs, de retrouver l’esprit de DELOUVRIER, célèbre Préfet du Général de GAULLE, pour organiser l’Ile de France et éviter la ségrégation spatiale que nous retrouvons aujourd’hui.

Certains m’ont demandé d’enlever le commentaire de celui qui croit révéler des secrets. J’ai refusé car je souhaite que ce blog ne soit pas censuré !

Pour conclure sur une note différente, je pensais hier soir au dialogue merveilleux entre Jean-Louis TRINTIGNANT et Mireille DUMAS, sur France 3, preuve s’il en était besoin que la télévision peut produire des moments de pur bonheur. Jean-Louis TRINTIGNANT est apparu dans toute son intelligence et sa sensibilité lors de cette émission. Une bonté réelle se dégageait de lui. Une souffrance immense aussi, qu’il surmontait difficilement, mais qu’il transcendait par l’amour des autres, le théâtre, la lucidité sur la vie. A Mireille DUMAS qui l’interrogeait sur son secret, il répondit : « je suis sincère, je crois être vrai ».

Chers amis internautes, dans la médiocrité politique qui nous étouffe et désespère les Français, commençons aussi par être vrais !!!