Je rassure Maxime, n°6, ma réponse est clairement NON. D’ailleurs, encore une fois, comment aurais-je pu être candidat RPR à Yerres, si j’avais été candidat socialiste à quelques kilomètres de là, à Corbeil ! D’une manière plus générale, notre monde politique n’accepte pas les hommes libres qui analysent en conscience les problèmes de leur temps. Les Français eux, heureusement, le font. Le clivage droite gauche reste-il si pertinent ? Un autre clivage n’existe t-il pas entres les républicains nationaux et les fédéralistes libéraux ? Dominique Strauss-Kahn n’est-il pas plus à droite que moi dans le domaine économique ?

Ma candidature à l’élection présidentielle dérange de plus en plus car elle est capable de rassembler des Françaises et des Français qui, venant d’horizons différents, entendent tout simplement, comme le 29 mai dernier, reprendre en main leur destin.

Raphaël Pacchioni, n°12, a raison également d’évoquer la question de la Nation. Max Gallo, lors de nos universités d’été, avait remarquablement expliqué pourquoi elle serait au cœur de la présidentielle. Vous pouvez lire mon dernier éditorial de la lettre d’information électronique sur ce sujet.

Bertrand, n°21, ne doit pas se décourager. La France a des ressources et la force d’un pays se mesure justement à la capacité de résistance de ses habitants, à leur endurance, le sursaut de demain y puisera son énergie. Pour ma part, je n’abandonnerai jamais.

Merci à Dan, n°22. Son message me donne espoir au moment où il est si difficile de faire passer mes messages dans les médias.

Loreto, n° 39, a raison aussi. La question du développement des pays les plus pauvres est cruciale. C’est pourquoi, le changement des règles commerciales internationales est au cœur de notre projet. Savez-vous que 80% des cas de malnutrition existent dans des pays qui ont un surplus agricole ! Les meilleures terres servent à la production de denrées agricoles pour l’alimentation animale des pays développés !

Claude, n°44, s’interroge sur l’avenir des socialistes. Sont-ils hors jeu ? Tout dépendra du candidat qu’ils choisiront et du projet qu’ils porteront. Les évènements des banlieues ont montré une fois de plus combien ils étaient encore coupés des réalités. Pour autant, ils conservent une réelle capacité de rebond, surtout si le Gouvernement continue ainsi.

A cet égard aujourd’hui, je me suis abstenu sur le budget 2006. Je n’ai pas voulu mêler ma voix à celle du PS qui a fait preuve de la plus totale démagogie, même si je comprends tout à fait l’attitude de l’UDF sur ce budget.

Sa sincérité de la loi de finances est insuffisante, la baisse de l’impôt sur le revenu, déjà diminué les années passées, n’était pas l’urgence, les recettes de poches dues à la privatisation des autoroutes sont scandaleuses (j’en ai déjà parlé dans mon blog), il n’y a aucun effort de réforme structurelle de l’Etat, tous les départs en retraites ou presque sont compensés, les priorités affichées pour résoudre la crise des banlieues ne se traduisent pas en actes, notamment par la dotation des moyens nécessaires au ministère de la Justice.

Tout cela est aussi triste que dérisoire !

En vérité, une fois de plus le navire vogue au petit bonheur la chance. Il n’y a pas de vision d’ensemble. Ce qui pouvait être acceptable par petit temps, devient dangereux dans la tempête. Je me souviens avoir dit à Dominique de Villepin que j’estime, que pour réussir, il lui fallait au préalable se dégager une double marge de manœuvre.

- Une marge de manœuvre politique en acceptant le score du référendum, en remettant en cause l’orientation européenne et en stoppant l’élargissement à la Turquie. Il a décidé l’inverse, prenant à rebrousse poils les Français.

- Une marge de manœuvre financière, en ne se polarisant pas sur les 3% du déficit budgétaire autorisés par Bruxelles, de manière à relancer massivement l’investissement pour vraiment relancer l’emploi. Tony Blair, Georges Bush, ont su rééquilibrer leur budget après avoir laissé filé le déficit. L’important n’est pas le déficit mais la nature de la dépense. Or, la France fait semblant de respecter les 3% de déficit autorisés en n’équilibrant le budget que par la vente des bijoux de famille. De même les dépenses d’assistanat continuent d’exploser quand les dépenses d’avenir stagnent, voire régressent.

Refusant de lever les 2 tabous, le Premier ministre est prisonnier des mêmes contraintes que ses prédécesseurs. La gravité de la crise exige qu’on soigne le mal à la racine. Les mots, les slogans, les postures ne changent rien et ne rassurent pas les Français.

En 2007, les deux appareils dominants, le PS et l’UMP vont essayer de présenter aux Français un choix de façade. Ils veulent à tout prix éviter un nouveau 29 mai. Le congrès du PS au Mans, a tué ainsi le NON raisonnable de la gauche. Raison de plus pour continuer le combat car les millions de Français qui ont voté NON ne se reconnaissent pas dans Besancenot-Buffet ni dans Villiers-le Pen. Mon rôle est là : donner du sens et du corps au NON du 29 mai, en portant un projet de fond, une France retrouvant sa dignité, ses valeurs, sa force. Nos compatriotes sont prêts à l’effort à la condition qu’ils sachent pour quoi et comment. A la condition qu’ils connaissent le cap.

Dans un tout autre ordre d’idée, je viens de voir le film « Joyeux Noël ». Je craignais un mélo pacifiste et j’ai été agréablement surpris par la beauté de ce film, voilà une nouvelle évocation réussie de cette terrible page de notre histoire européenne.

En sortant de la salle, je m’interrogeais sur cette extrême difficulté des peuples de l’Europe, à trouver une juste voie entre les déchirements et la capitulation. Ce n’est pas parce que nous ne nous battons plus entre nous - et c’est heureux - que nous devons oublier de défendre cette fois collectivement nos intérêts !!