Aujourd’hui le doute et l’inquiétude l’emportent. Les émeutes ont renvoyé aux Français, comme une claque, l’image d’un pays qu’ils ne reconnaissent plus. Bien sûr, ils avaient remarqué une évolution. Ils avaient l’intuition des dysfonctionnements profonds de notre système politique ? économique et social. Mais à force d’entendre l’éternel « dormez tranquille » des dirigeants, le malaise grandissait et ils doutaient finalement d’eux-mêmes. L’image des émeutes a très profondément marqué tout un peuple. Les réactions face à ces évènements lui ont paru manquer du plus élémentaire bon sens. Son doute vient maintenant de sa difficulté à trouver l’offre politique qui le rassurerait, lui offrirait un horizon.

Car rien ne serait pire, comme d’ailleurs certains commentaires du blog semblent tentés de le faire, que de sombrer dans la peur et d’alimenter les prémisses d’une guerre de religion. Ne comptez pas sur moi pour être à ce point irresponsable. Bien sûr nous devons condamner les incendies d’église autant que de mosquées. Bien sûr que nous devons avoir la plus grande fermeté dans le contrôle des migrations comme dans l’application des lois laïques de la République. Je le demande depuis longtemps. Mais nous devons aller au-delà en nous projetant dans l’avenir, en offrant à tous les Français: à la fois un horizon de progrès économique et social et une fierté nationale retrouvée. Je dis bien à tous les Français, qu’ils soient d’origine étrangère ou non.

C’est d’ailleurs parce que nous saurons donner un espoir à tous les Français que nous pourrons être intraitables dans l’application des lois de la République. Les deux vont de pair.

Au cœur de la problématique française, européenne et mondiale, réapparaît donc aujourd’hui la question sociale, qui n’est rien d’autre que le versant généreux et fraternel de la Nation.

A cet égard, j’ai regardé avec effarement vendredi soir un reportage de Thalassa sur le salon des yachts de luxe à Monaco. Ce reportage décrivait l’explosion des commandes de bateaux à plus de 50 millions d’euros pièce. Il y a toujours eu dans l’histoire de l’humanité un fossé entre l’extrême richesse et le dénuement le plus total. A cette double exception près : les inégalités explosent aujourd’hui et les moyens de communication modernes, alliés à la mode du clinquant et de la religion de l’argent, étalent en permanence sous les yeux des moins bien lotis des écarts de richesse exorbitants. L’étalage de richesse pouvait à la rigueur être compris pendant les trente glorieuses car l’ensemble de la population connaissait une progression de niveau de vie et la matrice nationale empêchait les inégalités trop grandes.

Or, aujourd’hui les riches deviennent toujours plus riches au moment où une partie du monde est maintenu dans la pauvreté de masse et que le pouvoir d’achat des classes moyennes des pays développés fond comme neige au soleil. Il ne s’agit pas bien sûr dans mon esprit de cultiver un discours altermondialiste réducteur, sectaire et impuissant. Mais tout simplement de proposer des solutions pour corriger les excès de cette mondialisation sauvage.

Qui peut croire un instant que nos sociétés développées comme le monde dans son ensemble, pourront demeurer paisibles avec un tel déséquilibre ? L’affaiblissement du cadre national rend d’autant plus difficile la mise en œuvre de protections sociales. La France a là aussi besoin de proposer tant à l’Europe qu’au monde un modèle plus équilibré.

Notre pays doit d’un côté se réformer, se muscler, dépoussiérer ses acquis et, de l’autre, peser de tout son poids au besoin par la rupture notamment vis-à-vis de l’Union européenne pour améliorer les mécanismes de régulation au niveau mondial.

A cet égard, je persiste et signe, j’approuve la taxe sur les mouvements aériens qui est indispensable pour financer l’aide à la santé notamment contre les épidémies en Afrique. Bien évidemment, il faut revoir les circuits de l’aide au développement comme les critères absurdes d’obtention des prêts de la banque mondiale.

Enfin, pour conclure, je voudrais dire à un internaute qui s’inquiétait des opinions politiques de mon père, que cela n’a aucune importance car chacun est libre de ses opinions. Pour autant, le bruit qu’il rapportait est totalement faux ! J’ai vraiment l’impression que depuis l’annonce de ma candidature, certains agitent des épouvantails pour me dissuader de participer à la compétition.

Chers amis internautes, intéressez vous davantage au fond des choses, à la vague plutôt qu’à l’écume !