Aujourd’hui, le paradoxe est que cette grève est liée à l’extension du service public qui permet le doublement de la fréquence des trains le samedi. L’intégrisme syndical d’une petite minorité déconsidère tout le service public. Une fois de plus, la faiblesse politique conduit aux divisions stériles. Il était si simple, dès 2002, d’appliquer notre programme et de voter une loi instaurant un service minimum.

Comme pour la TVA sur la restauration, on tergiverse, on hésite. Moralité : la parole politique n’a plus de crédibilité.

Au-delà, la question du RER D illustre l’absence d’une réflexion minimale sur l’avenir de l’Ile de France. Cette région de onze millions d’habitants qui concentre une part importante du produit national, n’a plus de stratégie. L’Etat a de fait abandonné toute politique d’aménagement du territoire, à la fois entre Paris et la Province, et à l’intérieur du territoire francilien, qui connaît des déséquilibres croissants entre les secteurs prospères et les zones de plus en plus paupérisées La décentralisation était nécessaire mais elle doit être encadrée, pensée. L’absence de tout plan d’ensemble (le schéma directeur en préparation n’a quasiment aucune valeur coercitive) permettant de hiérarchiser les priorités d’investissements, de relancer les transports publics, de mieux répartir les activités, aboutit au désordre urbanistique, environnemental, économique et social actuel.

La préparation du prochain schéma directeur pourrait devenir pour le Gouvernement l’occasion de se préoccuper de la vie quotidienne de millions d’habitants.

Cela passe par un plan d’urgence de financement d’infrastructures de transports (il faut au moins un milliard d’euros pour remettre à niveau les lignes RER), par une fermeté accrue dans la protection des espaces naturels grignotés par une urbanisation pavillonnaire sans cohérence, par un rééquilibrage d’implantations de bureaux et de logements afin de réduire les temps de transport quotidiens.

A ceux qui auraient peur du retour de l’interventionnisme, je réponds simplement qu’aujourd’hui, l’Ile de France perd du terrain vis à vis de ses concurrentes mondiales en raison même de son incapacité à maîtriser son développement.

Preuve s’il en était besoin que l’économie libérale pour réussir, doit s’inscrire dans le cadre de l’Etat de droit et ne peut se développer dans l’anarchie !