Nous avons prévenu la presse, multiplié les contacts. J’ai moi-même téléphoné à certains éditorialistes.

Le résultat : pas un journaliste n’est venu. Seule l’Agence France Presse s’est fait l’écho de notre rencontre. Les sujets de fond n’intéressent guère. Il est vrai que cela ne fait pas vendre ! Comment, dans ces conditions, les Français pourraient-ils savoir qu’il existe des hommes politiques qui travaillent, qui ont des idées ? Comment nos compatriotes pourraient-ils connaître un autre point de vue ou partager des solutions nouvelles ?

Bien évidemment, il ne faut pas pour autant se décourager. La patience est une vertu. Les idées fortes finissent toujours par percer. Internet permet de contourner ce blocage.

Les propositions que nous avons faites peuvent être retrouvées sur le site www.deboutlarepublique.com . J’invite tous ceux qui sont intéressés par ce sujet à les lire.

Mercredi, le Gouvernement a cédé ses participations dans les sociétés d’autoroute. Le jour où la Commission Pebereau tirait la sonnette d’alarme sur l’endettement record de la France, l’Etat effectue la plus mauvaise affaire financière de la décennie. Le Gouvernement vend 14,8 milliards d’euros un patrimoine qui, d’après tous les experts, en vaut au moins 20. Gilles Carrez, rapporteur général du budget, s’est déjà étonné du taux d’actualisation retenu pour estimer la valeur de ces sociétés. En raison de sa précipitation et d’une gestion à courte vue, l’Etat va se priver de près de 40 milliards de recettes des péages dans les trente prochaines années. Le remboursement de la dette qui est évoqué n’est qu’un nuage de fumée car tous les chiffres prouvent que le produit des péages aurait été supérieur aux charges des intérêts des emprunts remboursés.

Ajoutons une fois de plus que la seule motivation de cette opération est de faire semblant de respecter le pacte de stabilité (3% du PIB de déficit maximal). Or, on réduit habituellement un déficit en limitant les dépenses annuelles et non pas en profitant de la vente d’un patrimoine qui, de surcroît, nous prive d’une rente exceptionnelle. Cette vente des participations dans les sociétés d’autoroutes restera un cas d’école de mauvaise gestion et deviendra peut-être un jour un scandale d’Etat. Le gouvernement préfère sur cette question naviguer à vue et sacrifier l’avenir, pour des choix dont les conséquences ne sont envisagées que sur le court terme.

En cette fin d’année, les esprits divaguent. En témoigne les polémiques sans fin sur l’histoire de France. Je propose aux Italiens de procéder à des excuses publiques pour l’invasion par César de la Gaule !

A force de tout confondre : l’actualité et l’histoire, le passé et le présent, la morale et le moralisme, notre pays n’a plus de repères. N’ayant pas réussi (le résultat du 29 mai le prouve) à dissuader les Français de vouloir maîtriser leur destin, une minorité d’activistes veulent casser le ressort profond de notre peuple. A force de le salir, ils espèrent le faire douter de lui même. Je pense qu’ils n’y arriveront pas. Cependant ils prennent le risque de convaincre les plus fragiles de nos compatriotes, d’instiller le poison de la haine de soi affaiblissant la cohésion nationale et nourrissant une guerre civile larvée.

Plus que jamais, malgré la censure, nous devons être mobilisés pour promouvoir partout et toujours « une certaine idée de la France ».