Pour 2006, j’ai beaucoup hésité entre plusieurs textes, tous d’actualité. J’ai pensé dans un premier temps retenir une phrase d’Albert Camus évoquant l’histoire de la France et démontrant qu’on ne pouvait pas, comme veulent le faire aujourd’hui certains, la découper en rondelles pour en choisir les meilleurs morceaux. Je vous laisse juges : « Il est vain de condamner plusieurs siècles d’expansion européenne, absurde de comprendre dans la même malédiction Christophe Colomb et Lyautey. Le temps des colonialismes est fini, il faut le savoir seulement et en tirer les conséquences… Il est bon qu’une nation soit assez forte de tradition et d’honneur pour trouver le courage de dénoncer ses propres erreurs. Mais elle ne doit pas oublier les raisons qu’elle peut avoir encore de s’estimer elle-même. C’est en fonction de l’avenir qu’il faut poser les problèmes, sans remâcher interminablement les fautes du passé. » Il ajoutait : « En politique, on n’expie rien. On répare et on fait justice ».

J’aurai aussi pu choisir une citation bien connue de Charles de Gaulle sur la politique : « la politique quand elle est un art est un service, non point une exploitation, c’est une action pour un idéal à travers des réalités ». Une fois de plus le Général était d’une grande exigence. Une exigence rarement partagée dans un monde politique qui a souvent tendance à organiser de par son fonctionnement clanique et sa propension à la démagogie, le nivellement par le bas !

Mais j’ai finalement préféré retenir la citation la plus simple, celle de Victor Hugo. « L’énergie d’un côté, la douceur de l’autre ; voilà les deux armes que je veux mettre dans les mains de la République ». Depuis longtemps, cette phrase résonne dans mon esprit. Certains la trouveront idéaliste. L’homme politique, l’homme d’Etat, peut-il, doit-il même parler de douceur ? Pourquoi pas ? Car, en fin de compte la République n’a-t-elle justement pas été inventée pour sortir les hommes de la dureté de l’état de nature comme l’appelait Hobbes, que l’on nomme plus simplement aujourd’hui « loi de la jungle ».

Il faut à la fois de l’énergie, c'est-à-dire de la force et de la constance pour bâtir une société démocratique, une société de responsabilités, la protéger contre ses ennemis et contre ses propres dérives. Mais cette force n’a de sens qu’au service de la Justice, du bien public, de la douceur pour tous. Ce mot de Justice est d’ailleurs, l’avez-vous remarqué, banni de notre vocabulaire politique contemporain.

Alors oui, pourquoi ne pas oser, à l’aube de la nouvelle année, cette alliance de « l’énergie » et de la « douceur », seules capables de redonner au plus grand nombre confiance dans la République, dans la politique.

En effet, si la France va si mal aujourd’hui, c’est avant tout parce que les Français n’ont plus confiance dans leur capacité collective à résoudre leurs difficultés, à relever les défis du nouveau monde. Ils n’ont plus confiance car ceux en charge des affaires publiques depuis 30 ans, à force de leur mentir, de se mentir aussi à eux-mêmes, ont failli. Au fond d’eux-mêmes, bien évidemment, nos compatriotes le savent. Mais le système politique, médiatique, économique s’accroche désespérément à ses places, s’enfermant dans ses certitudes et sa routine afin de conserver les prébendes qu’il s’auto-distribue. Dans l’attente d’une nouvelle offre politique lisible et crédible capable de proposer un projet neuf, un cap à long terme, les Français se replient sur eux-mêmes, doutant de tout.

Or, contrairement à ce que l’on veut nous faire croire, cette offre existe dans tous les domaines. Oui, il existe des journalistes sérieux qui tentent de faire scrupuleusement leur métier. Oui, il existe des chefs d’entreprises qui se battent pour maintenir un capitalisme où la construction de l’avenir (respect des hommes et investissements de long terme) conserve sa place. Oui, il existe des hommes politiques intègres et novateurs. Aucun d’eux n’a cependant réussi à vraiment émerger, à catalyser les énergies collectives. Les petits arrangements entre amis, dont je parlais un jour sur ce blog, tiennent encore le système.

Jusqu’à quand pourrira-t-il sur pied, telle est la grave question d’aujourd’hui.

Pourrons-nous par la réforme, sans trop heurt, redonner un espoir au pays, une motivation aux Français ? Ou, malheureusement, faudra-t-il attendre, comme en certaines périodes tragiques de notre histoire, des troubles graves suivis d’un sursaut pour être enfin en mesure de rebâtir la France ?

Mais dans quel état sera alors notre pays, notre bien collectif le plus cher, fruit du travail et de la fierté de la multitude de Français qui ont patiemment bâti la France ?

La tâche qui est devant nous est, vous le voyez, immense. Il s’agit de redonner le plus vite possible à tout un peuple l’envie et la volonté de se redresser pour à nouveau construire son avenir.

2006 sera à cet égard une année charnière. Que ceux qui sont impatients de connaître le détail de mon projet ne s’inquiètent pas.

Vous ne serez pas déçus, car le moment venu je présenterai des mesures chocs allant enfin à la racine des problèmes de notre pays. Mais, je ne les dévoilerai pas d’un coup. A compter de mars, chaque mois nous ferons le point (comme nous l’avons fait le 13 décembre dernier sur l’OMC) sur un thème et j’annoncerai alors mes propositions s’y rapportant.

De plus, je suis en train d’écrire un livre qui expliquera les raisons de ma candidature et présentera mon projet. Il suffira de le lire pour comprendre, par exemple, ma différence avec Philippe de Villiers ou Nicolas Sarkozy, mais surtout pour disposer d’un ouvrage complet permettant de convaincre les Français qu’il est possible d’agir autrement.

Pour ceux qui ne peuvent pas attendre, je les invite à relire mes discours de l’automne qui dessinent les contours de ce projet.

Enfin, Allons y (N°6) a raison, il manque un texte concret présentant ma candidature. En janvier, nous publierons un document synthétique qui, je le crois, vous sera utile.

Dans l’attente, je vous invite tous à faire connaître le site www.deboutlarepublique.com et à intervenir sur ce blog comme sur les autres sites ou forums pour défendre notre vision de la France.

Meilleurs vœux à tous pour 2006 et à l’année prochaine.