Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que Jacques CHIRAC se drape dans les habits de la République pour tenter de se rétablir. Souvenons-nous de la fameuse « fracture sociale » en 1995. Souvenons-nous de « la France en grand » en 2002. Malheureusement, ces beaux discours sont à chaque fois restés lettre morte pour la simple raison que le Président n’a jamais voulu se donner les moyens de leur mise en œuvre. La contradiction entre la force des ambitions et la navigation à vue explique le désastre du bilan de cette décennie présidentielle. Une décennie marquée notamment par une contradiction majeure entre l’exigence républicaine et la politique européenne.

Le Président n’a toujours pas compris que sa fuite en avant supranationale l’empêchait, en privant la France de toute marge de manœuvre économique et budgétaire, de mettre en pratique les principes républicains qu’il prétend vouloir appliquer.

Il est d’ailleurs significatif que, dans son allocution, le Président ait associé le NON du 29 mai aux émeutes comme deux événements négatifs de 2005. Une fois de plus, le sens du refus français n’est pas compris, le vote populaire étant assimilé à une simple crispation, aussi irrationnelle que passagère.

Le Président Chirac devrait se souvenir que le premier principe de la République est le respect du peuple. Un peuple français dont la volonté est censée être souveraine et qui, elle seule, confère au chef de l’Etat l’étendue de ses pouvoirs.

En définitive, pour la troisième fois le Président de la République sonne le tocsin de la République de manière politicienne. Notre démarche est plus ambitieuse, il s’agit d’aller à la racine des problèmes en restaurant pour de bon notre République. Cela exige, il est vrai, beaucoup d’efforts, de la durée, un plan global, un vaste rassemblement et, par dessus tout, de la volonté politique.

Puisse 2006 nous permette de présenter aux Français le sursaut qu’ils attendent.