L’après-midi, comme chaque lundi, j’avais reçu lors de ma permanence parlementaire plusieurs chômeurs de longue durée (ils défilent dans mon bureau en nombre sans cesse croissant depuis 10 ans), anciens cadres et employés, en fin de droits à 48 ans, 50 ans ou 53 ans. Tous me confient la même colère, le même désespoir d’avoir été engloutis dans ce trou noir social et humain. Tous en ont assez d’être mis à l’index comme des fainéants qui ne voudraient pas travailler par ceux qui jouent aux chaises musicales dans les palais nationaux, se goinfrent de stock-options ou bénéficient de privilèges. Tous se voient répondre par les entreprises ou l’ANPE qu’à partir de 47 ans, 48 ans, leur situation est quasiment impossible à régler. Contrairement à ce que l’on nous dit, ils ne sont pas, loin s’en faut, tous déqualifiés. Informaticiens, comptables, gestionnaires de personnels, ils ne trouvent pas d’emploi.

Il devient alors indécent d’évoquer une nouvelle vague d’immigration. Indécent quand près de 7 millions de Français sont précarisés ou marginalisés. Indécent quand le chômage atteint 50% dans des quartiers peuplés d’immigrés de fraîche date. Indécent quand le pouvoir d’achat des salariés les plus pauvres suffit à peine à nourrir une famille.

En vérité, faute d’une politique économique globale et cohérente, chacun dans le pays pare au plus pressé. Le chef d’entreprise soumis à une pression concurrentielle sans limite est prêt à tout imposer pour sauver la peau de son entreprise. Le gouvernement, faute de vouloir s’attaquer aux racines de la crise, gesticule avec des pansements type CPE. L’opposition se polarise avec excès sur ce même CPE tout en laissant voter à Strasbourg la directive Bolkestein light qui, bien sûr, détruira encore plus le tissu économique français.

Une nouvelle vaque d’immigration ferait exploser une société française qui bout comme une cocotte minute. Il est temps de mener une politique économique et sociale cohérente. Maîtriser l’immigration (suspension du regroupement familial notamment), tout miser sur la formation (Education nationale et seconde chance), revoir le système des cotisations sociales pour qu’il cesse de pénaliser la production nationale et l’emploi, favoriser fiscalement l’emploi des seniors et les contrats de longue durée, inciter à l’investissement des capitaux dans les entreprises françaises par une politique fiscale simplifiée, et bien sûr réviser cette politique de libre échangisme folle qui conduit le continent européen à l’implosion politique et sociale.

Là aussi, nous en reparlerons à l’occasion de l’annonce de mon projet. En attendant, mobilisons-nous pour éviter à la France cette nouvelle folie !