Car contrairement à ce que veulent faire croire ceux qui donnent des leçons de flexibilité à la terre entière, alors qu’ils ont toujours appartenus à la haute fonction publique ou disposent d’un confortable matelas de stock-options, les Français, notamment les jeunes, connaissent la dureté de la compétition économique, ils s’y adaptent à marche forcée depuis une quinzaine d’années et ils en font quotidiennement les frais.

Mais ce qu’ils refusent, ce sont des « réformes » éternellement à sens unique, des « réformes » vers un avenir toujours plus sombre et moins sûr. A cet égard, le CPE est la « réforme » de trop, car ce contrat ne se contente pas d’aggraver la précarité des salariés, il porte atteinte à leur dignité en supprimant toute motivation du licenciement. Cette crise pourrira et nous conduira à une magistrale défaite, si le Premier Ministre ne reconnaît pas cette faute morale. D’autant que la majorité des employeurs sont favorables, pour la bonne cohésion de leur entreprise, au maintien de cette motivation !

Les apparences sont trompeuses : la crise du CPE ne dessine pas un énième bras de fer entre majorité et opposition, entre droite et gauche. Elle constitue au contraire, après les secousses du 21 avril et du 29 mai, un nouvel appel au secours des Français qui se révoltent de plus en plus massivement contre la perspective d’une France désintégrée par l’ultralibéralisme bruxellois et libre-échangiste.

Lorsque l’on veut une bataille emblématique, on veille à ne pas se tromper de terrain. Or, celui du CPE est à la fois miné et hors sujet. C’est pourquoi il est urgent de retirer cette disposition qui heurte les Français, pour pouvoir ensuite simplifier le droit du travail en concertation avec les syndicats.

S’arc-bouter au contraire sur ce mauvais symbole ne peut faire que le lit d’une gauche sans idées ni projet et bloquer toute réforme pendant 5 ans de plus !!

Dès le discours du Premier Ministre achevé, bon nombre de parlementaires, qui pourtant avaient tous voté pour le CPE, proposaient à mots couverts une sortie de crise. Les contorsions habituelles refaisaient surface !!

Pour ma part, j’ai été franc et constant. J’ai prévenu dès le départ que je ne voterai jamais une telle disposition. Je tiens en réserve des propositions alternatives et aujourd’hui je persiste et signe : notre pays perd son temps. Les jeunes gâchent leur année universitaire, les Français sont outrés à juste titre de voir les casseurs tenir les rues et les manipulateurs bloquer les universités. De vraies réformes permettraient enfin de lutter efficacement contre le chômage : contrôle des OPA, baisse des charges, réduction de l’ISF, investissement dans la recherche, changement du statut de la BCE, veto sur la directive Bolkestein, redressement de l’Education nationale, maîtrise de l’immigration revalorisation des filières professionnelles et technologiques, redéploiement des moyens de l’Etat,... Hélas, elles sont obstinément mises de côté.