Jean Lassalle, par ce geste, veut sauver le dernier établissement de la vallée d’Aspe. Je le connais, il est sincère. Dès le début de son action, je suis allé le voir pour l’assurer de mon soutien et le réconforter. Je lui ai proposé de me rendre dans sa vallée pour le soutenir symboliquement. Malgré ses encouragements, j’y ai finalement renoncé, ne voulant pas être accusé de récupération. J’ai cependant écrit au Président de l’Assemblée nationale comme à mes collègues pour leur demander de le comprendre sans le juger ; pour leur dire tout simplement que nous étions tous concernés par son appel.

La France se déchire aujourd’hui sur le CPE, qui n’est pourtant qu’un pansement. Un pansement de plus sur un mal économique qu’on se refuse obstinément à regarder en face et à traiter. La contradiction est totale entre nos choix de politique intérieure et nos choix de politique extérieure. Ce grand écart entre nos légitimes exigences sociales et le libre échange intégral sans aucune harmonisation sociale ou environnementale est, comme ne cesse de l’expliquer le Prix Nobel de l’économie, Maurice ALLAIS, la principale cause des délocalisations et du chômage de masse.

Il est temps de réagir. Aucun redressement n’aura tout d’abord lieu sans revoir de fond en comble la politique européenne et libre échangiste qui, sans aucune nécessité ni contrainte, condamne l’Europe tout entière à la pire régression économique, sociale et politique de son histoire d’après guerre.

Il va de soi que, parallèlement, notre pays doit balayer devant sa porte, mettre fin à son immobilisme, se remettre au travail, réformer ses structures, investir dans l’éducation et la recherche. En un mot, muscler son économie et réapprendre à jouer collectif avant qu’il ne soit trop tard.

En fin de compte, Jean Lassalle qui paraît le plus affaibli est sans aucun doute le plus solide d’entre nous. Sa sérénité et sa force montrent le vrai visage de la résistance et du renouveau.