J’ai jugé plus utile de proposer une réforme de fond : la « sécurité professionnelle ». Chaque Français serait doté d’un compte professionnel individualisé, capitalisant dans la durée ses droits à la formation (même en cas de changement d’employeur) et utilisable à tout moment de sa carrière. Les entreprises créditeraient régulièrement ce compte. Elles seraient ainsi amenées à individualiser davantage la formation professionnelle au profit de tous les salariés, notamment les moins formés d’entre eux qui aujourd’hui sont trop souvent exclus des mécanismes de formation continue.

Pour les jeunes, notamment, ce compte serait crédité par l’Etat de manière inversement proportionnelle à la durée des études. Ainsi, un jeune qui sortirait tôt du système éducatif disposerait d’un capital important de crédit formation, lui permettant de se former pour entrer dans la vie active ou de reprendre plus tard, durant sa vie professionnelle, des études.

Je crois beaucoup à cette réforme car la vie professionnelle d’aujourd’hui est comme un escalier dont les marches sont de plus en plus hautes. Changer l’escalier prendra du temps, mais avec la « sécurité professionnelle » on crée une rampe qui permet de se rattraper si on rate une marche.

Au-delà de cette réforme, il va de soi qu’il faut aller à la source de la déroute économique et sociale qui nous menace.

Il est stupéfiant que personne n’évoque la gestion mortifère de l’Euro ou l’évolution du libre échange mondial. Car, ne l’oublions pas, la crise du CPE n’est que le révélateur de l’angoisse justifiée des Français et des Européens à l’égard d’une division internationale du travail, qui, pour la première fois, nivelle par le bas.

Nous aurons l’occasion d’en reparler.