Pendant ce temps, nos compatriotes constatent avec effarement que leurs problèmes quotidiens sont passés sous silence, pire, que des décisions graves sont prises dans leur dos.

Il en est ainsi par exemple de la décision d’ouvrir une très large part du marché du travail français aux travailleurs des 10 pays de l’Est nouvellement membres de l’UE, au moment même où le Ministre de l’Intérieur prépare une loi visant à durcir les conditions d’entrée des étrangers en France. Cette mesure va susciter un appel d’air inévitable en direction des emplois de certaines branches qui ont des difficultés à embaucher au lieu, justement, de s’attaquer aux causes de cette pénurie en salariés nationaux dans ces métiers – lesquelles, d’ailleurs, sont bien connues : salaires peu attractifs, poids des charges, insuffisance de formation, réticences face à des métiers réputés durs ou pénibles. Le Gouvernement et certaines franges du patronat, soutenus en cela par la Commission de Bruxelles, choisissent donc en catimini la solution de facilité, celle qui consiste à se procurer une main d’œuvre docile et bon marché pour satisfaire coûte que coûte des besoins de court terme, plutôt que de privilégier l’intérêt général et le long terme.

Bien évidemment, le coût pour la collectivité sera au final bien plus élevé. Comment accepter que des jeunes, souvent d’ailleurs issus de l’immigration, soient au chômage, alors que l’on va chercher à l’extérieur de nouveaux travailleurs ?

Décision d’autant plus inacceptable que, selon les traités, la France disposait d’un délai de 7 ans pour lever les restrictions de la libre circulation des ressortissants des nouveaux pays membres. De leur côté, l’Allemagne et l’Autriche, beaucoup plus raisonnables que nous, ont bien évidemment refusé de céder à la pression de la Commission. Sans que personne ne songe à leur intenter un procès en mauvaise conduite européenne...