Malheureusement, j’ai eu le sentiment de revenir un an en arrière : Jacques Barrot récitant sa litanie de vœux pieux, l’émission déroulant sa logique implacable avec, d’un côté, les gentils européens, de l’autre, les dangereux nationalistes...

Un an après le 29 mai, aucune leçon n’est tirée. Le suffrage universel est bafoué et nos élites ressemblent de plus en plus aux Emigrés contre-révolutionnaires qui n’hésitaient pas à combattre leur propre peuple dans les armées des rois étrangers coalisés. Que le champ de bataille soit aujourd’hui médiatique plutôt que militaire n’y change pas grand chose. Un membre de la Commission de Bruxelles a d’ailleurs été clair : « il faut changer le contexte pour sauver le texte », sous-entendu il faut faire changer d’avis les peuples récalcitrants plutôt que de se ranger à leurs volontés. L’exact contraire de la démocratie, selon la définition qu’en donne le dictionnaire.

La propagande redouble donc pour culpabiliser les Français et réussir à leur faire avaler au forceps le traité après 2007. Seul point de divergence entre les dirigeants européens et français : les premiers, Allemagne en tête, veulent conserver le traité en l’état, tandis que les seconds, par commodité, verraient bien une version condensée qui aurait l’immense avantage de pouvoir être ratifiée en catimini par le Parlement. C’est ce que préconisent tant Nicolas Sarkozy que Ségolène Royal qui, sur l’essentiel, sont bel et bien d’accord !

Pour les défenseurs de la démocratie française, l’enjeu majeur de l’élection présidentielle est celui-là : tout faire pour empêcher le retour par la fenêtre de ce que le peuple a mis dehors par la porte.

Car ce qui est en cause, c’est bien la liberté de la France, le droit du peuple français à disposer de lui-même pour exister, la réalité de notre démocratie, l’unité de notre République et l’avenir de notre pacte économique et social. Mais une fois de plus, tout a été fait durant l’émission pour occulter la relation de cause à effet entre l’usurpation bruxelloise, le détricotage de notre modèle républicain, et la crise de légitimité politique dans laquelle s’enfonce inexorablement le pays.

Mon projet présidentiel vise justement à rompre avec ce cercle vicieux pour réamorcer l’enchaînement positif « responsabilité politique – action publique », qui seul permettra de surmonter nos difficultés. Redevenir maître de notre destin, reconstruire l’Etat pour garantir l’unité de la République et rénover notre pacte économique et social, implique de changer d’Europe. Recouvrer notre liberté ne sera certes pas suffisant pour mettre un terme à la crise actuelle. Ce n’est qu’un préalable nécessaire.