Dans ces conditions, la parution du fameux sondage établissant que 6 Français sur 10 estiment que la France et l’Europe sortent « affaiblies » du non, relève du contrefeu et de l’intoxication : en réalité, c’est l’Europe actuelle, l’Europe supranationale, qui est affaiblie, ainsi que les dirigeants français oui-ouistes qui prétendent la relancer mais n’en ont ni les moyens politiques ni la légitimité interne et externe. La nuance est de taille mais, comme par hasard, le sondage en question se garde bien de la mettre en évidence.

Ainsi, contrairement à ce qu’on veut nous faire croire, la coupure n’est pas entre la France et ses partenaires, mais entre les peuples d’Europe qui ne supportent plus la régression économique et sociale du continent et leurs élites enfermées dans leurs certitudes hautaines et à la botte de gros intérêts.

Mais il ne suffit pas, bien entendu, de s’opposer. C’est tout le sens des propositions alternatives que j’avance depuis plusieurs années, avec Debout La République, pour changer l’Europe. Cette autre Europe, que la plupart des peuples attend, j’en ai présenté hier quelques grandes lignes, dans un manifeste cosigné par les élus danois, irlandais, suédois, hollandais membres de l’EU-Démocrates, le nouveau parti politique européen euroréaliste auquel vient d’adhérer DLR.

Ces parlementaires européens ou nationaux, représentants des nations qui ont eu le courage par le passé de rejeter l’Europe supranationale, ont été unanimes : le non des 29 mai et 1er juin redonne confiance à tous les peuples d’Europe qui espèrent qu’enfin la démocratie sera respectée. Mais comme l’a très bien dit l’un des élus danois, contrairement à ce qu’on croit, le combat ne fait que commencer, car le système bruxellois, en complicité avec quelques dirigeants nationaux, n’a désormais qu’un objectif : revenir sur le vote des Français et des Hollandais en faisant adopter par voie parlementaire une mini-constitution ou, pire encore, en faisant revoter les électeurs jusqu’à ce qu’ils donnent la « bonne réponse ». Notre devoir est d’alerter les Français du piège qui se prépare et de les convaincre de la nécessité de transformer l’essai du sursaut historique de l’année dernière, en tenant bon sur quelques principes simples, réalistes et de bon sens.

Délimiter les frontières, relancer la croissance économique, clarifier les compétences entre l’échelon national et l’échelon européen, autoriser des coopérations à la carte, voilà l’avenir, le seul qui permettra aux Européens de se réconcilier avec l’Europe, leur Europe.