Aujourd’hui on nous explique que pour sauver Suez, il faut abaisser à 30 % la participation de l’Etat. Tout cela n’est pas sérieux.

Tout d’abord, il y a d’autres moyens de bloquer l’offensive d’ENEL sur Suez. Il faut bien dissocier dans ce groupe l’électricité belge (Electrabel) pour laquelle c’est au gouvernement belge de décider, des activités de l’eau qui méritent d’être étroitement contrôlées par les autorités françaises. Un compromis avec les Italiens est possible.

Ensuite, il faut absolument bloquer cette dérive de la libéralisation des marchés qui a déjà abouti à renchérir le prix de l’électricité en France. La Commission de Bruxelles en effet force EDF à aligner ses prix libres sur la bourse de l’électricité (Powernex) qui est indexée sur le prix du pétrole ! Ainsi la France est privée de son avantage comparatif lié au nucléaire ! La rente est captée par EDF et ses actionnaires, dont l’Etat, au détriment des industriels et demain après 2007 et l’ouverture du marché, des particuliers.

La droite comme la gauche racontent n’importe quoi sur ce dossier, courant chacune deux lièvres à la fois.

La majorité fait croire que le tarif d’Etat restera en vigueur longtemps alors que la logique dans laquelle elle s’est engagée aboutira à une hausse brutale des prix de l’électricité.

La gauche fait semblant de croire qu’un retour d’EDF à 100 % public résoudra le problème mais c’est un écran de fumée.

Il va falloir choisir entre la poursuite de cette politique suicidaire pour les intérêts économiques français et une nouvelle politique énergétique !

Pour ma part, j’ai proposé aujourd’hui dans la droite ligne des publications de Debout la République de 2003 et de mon discours à l’Assemblée Nationale lors du débat sur EDF en 2004, une politique nationale de sécurité énergétique.

Dans le contexte mondial de hausse du coût de l’énergie cela passe par un groupe 100 % public EDF GDF et un tarif national.

C’est le seul moyen car l’électricité est bien non stockable, aux coûts de revient erratiques, pour investir à long terme dans les énergies renouvelables comme dans le nucléaire et offrir un Service Public de qualité.

Pour une fois où le système français fonctionnait, pourquoi en effet s’en éloigner alors que tout prouve que l’on s’achemine dans une voie périlleuse ?