En effet, qui pourrait croire un instant ceux qui réclament des élections anticipées ? Il est bien évident qu’ils n’y ont aucun intérêt car ils n’y sont pas prêts.

Contrairement à ce que croit la plupart des observateurs, le changement du Premier Ministre n’aurait qu’un effet cosmétique s’il ne s’accompagnait pas d’une nouvelle politique. Il ne sert à rien de remplacer Monsieur Y par Madame X si le couvercle demeure sur la marmite.

En vérité, notre pays est devenu ingouvernable pour la simple et bonne raison que nos dirigeants ont, au fil du temps, perdus leur marge de manœuvre. Le bateau n’a plus ni quille, ni voilure. Tous les jours de nombreux dossiers en témoignent : la Commission de Bruxelles qui interdit de défendre Arcelor ou la Bourse de Paris menacée de passer sous contrôle américain, le groupe Suez qui dicte la politique énergétique de la France au ministre de l’Economie et des Finances, les dirigeants de EADS qui ne respectent même plus l’Etat actionnaire de référence… Autant de signes d’une décomposition morale qui s’accélère.

Seule une élection présidentielle qui aborde vraiment les grands problèmes du pays peut désormais offrir un rebond à la France.