Bon nombre de commentateurs reprennent le discours culpabilisant et misérabiliste qui excuse la violence des voyous. Quant au Ministre de l’Intérieur, il concentre ses attaques sur la justice pour éviter d’avoir à s’expliquer sur la gestion des forces de police.

Il est en effet paradoxal de voir Nicolas SARKOZY s’indigner de la situation alors que les effectifs de police dans un département comme l’Essonne n’ont jamais été aussi faibles.

Elu de l’Essonne, j’ai écrit à plusieurs reprises au Ministre pour l’alerter de la situation. Les réponses furent de pure forme !

A titre d’exemple le Commissariat de Montgeron compte 93 agents (en comptant les administratifs) alors qu’il en comptait 104 l’an passé et que l’effectif pour un fonctionnement correct est estimé entre 110 et 120 !

Quant à la justice, le Ministre de l’Intérieur a raison de pointer du doigt le laxisme de certains magistrats, mais il a tort de résumer la crise à cela. Il sait très bien que le malaise de la justice est beaucoup plus profond et exige de vrais remèdes (augmentation des moyens, révision de l’ordonnance de 45 sur les mineurs, création d’établissements fermés pour les jeunes).

En vérité, la situation dans les banlieues est explosive pour trois raisons complémentaires :

Un état régalien faible que l’agitation du Ministre de l’Intérieur ne masque plus, Une Education Nationale laxiste qui a renoncé à enseigner et à se faire respecter, Une situation économique et sociale qui est beaucoup moins florissante qu’on ne veut bien le dire.

Pour aller enfin aux racines du mal, il faut donc reconstruire l’Etat, dynamiser l’Education Nationale et changer de politique économique.

Il suffit de relire mes billets d’octobre et novembre dernier sur mon blog pour connaître le détail de mes propositions. J’y reviendrai prochainement.