Comment, dans ces conditions, s’étonner de la perte de crédibilité des parlementaires et de la politique en général. A gauche, du moins au PS, l’hypocrisie est à son comble. Des députés protestent à grands bruits contre la privatisation mais pour la plupart ne contestent pas les accords européens de Barcelone qui libéralisent sans nécessité ni contrepartie pour la France le marché du gaz et de l’électricité.

Or, la perte de contrôle par l’Etat de GDF est la conséquence directe de cette libéralisation qui repose sur une logique financière incompatible avec nos missions de service public (tarifs bon marché pour tous, accès garanti sur tout le territoire, prix adaptés aux plus démunis, maintien de l’approvisionnement en cas de défaillance financière des usagers, développement des énergies renouvelables, etc…)

Au même moment, la Commission de Bruxelles entame le processus de libéralisation de l’activité postale pour les courriers de moins de 50 grammes. Cela se traduira inéluctablement par la disparition des petites agences (notamment en milieu rural) dont le manque de rentabilité les condamne fatalement à moyen terme. Bien sûr les candidats archi favoris de l’UMP et du PS jureront leurs grands dieux qu’ils s’opposeront à ce déclin programmé. On a vu ce qu’il faut penser de ce genre de promesses avec la privatisation de GDF. Et la liste s’allonge : livret A, Française des Jeux et… Sécurité Sociale !!

Il est temps de proposer une autre politique pour nos services publics. Tout d’abord les réformer pour renforcer leur efficacité. Ensuite, garantir leur avenir, enfin signifier clairement à Bruxelles que c’en est fini de la politique de gribouille.

Ce sera aussi l’un des thèmes clés de l’élection présidentielle. Entre la gauche immobile qui fossilise nos services publics et les mène à reculons et les yeux bandés vers le démantèlement et la droite libérale qui brade le patrimoine national, il y a plus que jamais un chemin à offrir pour réconcilier les Français et leurs services publics.