Le Ministre de l’Intérieur affirme martialement qu’il ne les régularise pas. Fort bien ! Mais pourquoi ajoute-t-il « à l’exception de quelques cas » ? Lesquels ? Combien ? Et qu’adviendra-t-il des autres clandestins ? Les fera-t-il expulser, comme la loi l’exige, ou les laissera-t-il s’évanouir dans la nature pour acheter la paix à quelques groupuscules d’extrême gauche aussi démagogiques qu’irresponsables ? Se décidera-t-il enfin à rétablir le sens des mots, en refusant la complaisance de la plupart des médias, prompts à qualifier de « sans-papiers » des immigrés clandestins qui, de surcroît, osent rendre une colonisation française vieille de 45 ans responsable de leur présence en 2006 sur notre sol ?

La Loi au cas par cas est devenue l’emblème d’une République télévisuelle. Personne ne connaît plus le périmètre ni le contenu de la Loi. Nous sommes revenus à l’état de nature où la loi du plus fort est érigée en Loi. Beau message adressé au monde. Forcez les portes de la France, squattez un immeuble en ruine, réfugiez-vous dans un gymnase avec la complicité d’élus bien-pensants et vous recevrez papiers et logements. Pour un « Cachan » réglé aujourd’hui, combien de nouveaux « Cachan » demain ?

Une autre politique d’immigration est pourtant possible et nécessaire : elle allie la fermeté (suspension du regroupement familial pour 5 ans, rétablissement du contrôle à nos frontières,…) et l’humanité (efforts d’intégration accrus pour les étrangers en situation régulière et leurs enfants, plan Marshall pour le développement de l’Afrique, seul moyen d’aller à la racine du problème).

Pour sortir de la confusion et des passions entretenues depuis 25 ans par la démission des gouvernements successifs (notamment ceux de gauche, qui méritent une palme d’or), il faudra aussi avoir le courage de faire trancher la question de l’immigration par le peuple : seul un référendum, où tout sera mis sur la table au grand jour, permettra l’adoption sans ambiguïté de ce plan d’ensemble pour maîtriser les flux migratoires.