Chacun sait en effet que sous la Vème République c’est le projet présidentiel qui prime, et fixe en conséquence les priorités de la législature. Le choix souverain des Français au moment de l’élection présidentielle fonde le contrat de majorité, phénomène d’ailleurs encore renforcé depuis l’adoption du quinquennat. En inversant artificiellement le calendrier institutionnel, l’UMP cherche en réalité à imposer à droite le projet présidentiel de Nicolas Sarkozy, dans des conditions telles, ainsi que le souligne aujourd’hui même François Goulard, ministre proche de Dominique de Villepin, qu’il obligera tout autre candidat à droite à se déclarer hors de l’UMP. Au lieu d’organiser une réelle primaire comme a tenté de le faire le PS ou comme il serait bon de le faire à l’instar des Etats-Unis, l’UMP prend ainsi le risque de la division et d’une profonde cassure après mai 2007. Dire que son nom et sa raison d’être est « l’Union » !

Ensuite, ce programme fourre-tout ne tranche pas les quatre questions fondamentales qui se posent aujourd’hui au pays et auxquelles les Français veulent pouvoir répondre grâce à une vraie pluralité de candidature :

  • La question de la politique européenne : la majorité respectera-t-elle le vote des Français au référendum de 2005 ou veut-elle faire voter par le Parlement une « mini Constitution » reprenant les points essentiels rejetés par le peuple ?
  • La question de la politique étrangère : souhaite-t-on rendre à notre pays son rang et son indépendance ou l’aligner sur l’unilatéralisme américain ?
  • La question du fonctionnement de la République : entend-t-on conforter l’unité de la République ou favoriser son éclatement en cédant aux communautarismes de tous ordres ? Veut-on démanteler la laïcité, les services publics, l’éducation nationale, l’aménagement du territoire,… au nom d’un dogmatique « laisser faire / laisser-aller », ou les redresser comme l’attendent nos concitoyens ?
  • La question économique et sociale : veut-on remettre l’Homme au cœur de tous les enjeux en réformant et relançant notre modèle de développement, ou souhaite-on prendre le risque d’appliquer au pays un grand soir ultralibéral digne des funestes thérapies de choc imposées par le FMI aux pays émergents il y a 15 ans ?

Ce sont là les quatre questions cruciales pour notre avenir, sur lesquelles le programme de l’UMP entretient le plus grand flou et qui motivent ma candidature à l’élection présidentielle.

Machine à casser la droite, à imposer un programme ultralibéral sous le flou d’une grande confusion, cette manœuvre est enfin une mise en scène démocratique dérisoire qui n’abusera personne et qui n’intéresse aucunement les Français. Je me suis battu loyalement pendant 4 ans pour que l’UMP organise en son sein les mouvements d’idées et les votes internes réguliers qui, c’était la condition sine qua non de sa naissance, devaient animer sa démocratie interne. Au mépris de toutes les promesses et des statuts mêmes du parti, ces mouvements ont été purement et simplement enterrés. Ce n’est donc pas avec un vote de dernière minute du Conseil national sur un document adressé la veille à ses membres, ni avec un questionnaire à choix multiples envoyés aux adhérents, que ce parti verrouillé réussira à faire croire à l’expression démocratique de sa diversité.

Cette triste comédie politicienne sera un non-événement de plus, parmi la longue liste des rendez-vous manqués de l’UMP. Les Français n’y prêteront pas attention ni crédit et ils auront bien raison. Seul compte le grand débat présidentiel qu’ils ne veulent pas se faire confisquer par un duel de candidats officiels.

C’est tout le sens de ma campagne pour la présidence de la République, durant laquelle je ne me contenterai pas de poser les vraies questions, osant aussi apporter de vraies réponses. Vous le savez, pour ce qui me concerne, ce seront des réponses gaullistes et républicaines, de celles, j’en suis convaincu, que les Français attendent dans leur majorité.