Vendredi matin, l’Euro a franchit les 1,30 dollars pour la première fois depuis avril 2005.

Les marchés réagissent à la fois à la bonne santé de l’économie Allemande et aux déclarations de Monsieur TRICHET, qui annonce pour début décembre une nouvelle hausse du taux directeur.

Monsieur TRICHET a récemment expliqué qu’il craignait une hausse de l’inflation alors même que tous les économistes constatent que la mondialisation pèse sur les prix et que jamais l’inflation n’a été aussi structurellement faible.

En vérité, Monsieur TRICHET, qui a déjà saigné la France avec sa politique du Franc fort, est en train de saigner la zone Euro avec l’Euro fort.

Nous sommes revenus aux Médecins de Molière qui tuaient le malade en croyant le guérir. Le dogmatisme de la BCE vire à la superstition. A la différence des saignées du 18ème siècle, Monsieur TRICHET n’a pourtant pas l’excuse de l’ignorance.

Au-delà même de la science économique, il suffit de regarder en arrière pour s’apercevoir que seule une politique monétaire accommodante peut dynamiser une économie. L’exemple de la Chine et des Etats-Unis en témoigne.

Bien sûr, cela ne peut suffire. Il faut aussi mener une politique de l’offre, réduire les charges excessives, investir dans la recherche, décloisonner, etc… Mais toutes ces politiques ne peuvent être menées que dans un contexte de croissance, un peu comme un sportif qui, pour atteindre des performances, doit s’échauffer.

Le malthusianisme de la BCE est en train de tuer la zone Euro. L’Italie, puis la France, ne pourront pas longtemps survivre à l’explosion de leur déficit extérieur, à l’augmentation de leur chômage, à la propagation de la misère. Les divergences entre les économies de la zone Euro s’accentuent alors qu’elles étaient censées se réduire. L’Allemagne concentre de plus en plus les excédents quand les autres Nations cumulent les déficits. Le système est menacé d’explosion.

Comme d’habitude, les leaders politiques français s’agitent à la veille des élections mais ne vont pas au-delà de la complainte.

Il est pourtant clair qu’aucun redressement économique ne pourra avoir lieu sans, soit une refonte des statuts de la BCE et une réorientation de sa politique, soit une sortie de la France de l’Euro avec le rétablissement du Franc.

Plus l’on attend pour choisir la première voie, plus la seconde sera inéluctable.

Compte tenu de l’obstination de la BCE et de la Commission de Bruxelles à ne pas vouloir reconnaître leur erreur monétaire malgré les avis de la plupart des financiers et économistes du monde entier, il est temps de se préparer à retrouver notre politique monétaire nationale.