Ceux qui font croire que la primaire est une avancée démocratique se trompent en effet lourdement. Ils n’attachent pas beaucoup d’importance aux idées. Chacun sait que ces primaires en carton-pâte ont pour unique but d’organiser le sacre de Nicolas Sarkozy, si possible en donnant à cette mise en scène quelques apparences démocratiques !

Chacun sait aussi que l’UMP est organisée comme un club de supporters tout acquis à son Président qui, sur nombre de questions essentielles, a tranché tout seul dans son coin dans un sens peu compatible avec les aspirations profondes du pays et la « certaine idée de la France » chère aux gaullistes. En effet, la ratification d’une mini constitution européenne par le Parlement français, la discrimination positive, la mise à mort de notre modèle économique et social comme la laïcité sont dangereuses.

Quant à l’argument de la division qui nourrirait un nouveau 21 avril, il est totalement vide de sens. Admettons, par exemple, que pour y obéir aucun autre candidat à gauche comme à droite ne se présente. Les Français n’auraient alors le choix qu’entre Ségolène Royal, Nicolas Sarkozy et Jean-Marie le Pen.

Le risque d’un nouveau 21 avril serait-il moins grand ? NON, bien sûr. Tout au contraire, Jean-Marie le Pen tirerait le plus grand profit de cette réduction de l’offre et il serait non seulement au second tour mais probablement en tête au premier.

En vérité, ne voulant pas admettre les causes et le sens de la montée de l’abstention comme des extrêmes dans notre pays, l’oligarchie qui nous gouverne cherche des boucs émissaires. Supprimons les élections, nommons les directeurs d’Instituts de sondage au Conseil constitutionnel, plaçons Alain Duhamel à Matignon, Elkabach à la tête de l’ancienne ORTF et le tour sera joué…jusqu’à l’explosion finale !