Pour résumer, les parlementaires français ont remis en cause l’égalité des citoyens devant le suffrage universel. Seuls seront habilités à voter aux élections provinciales les Français habitant l’Ile avant 1988 ! L’objet est de maintenir un équilibre démographique entre Kanaks et Caldoches pour ne pas rendre minoritaires les premiers ! Ainsi des milliers de citoyens français installés dans l’Ile depuis cette date seront privée du droit de vote.

Cette remise en cause stupéfiante de l’universalité du suffrage est défendue par le Gouvernement, le PS et une partie de l’UMP au prétexte que les accords de Matignon le prévoyaient. Ceci, comme l’ont très bien dit en séance Jacques Lafleur et Pierre Frogier, est faux.

Pour les élections provinciales il avait été prévu une présence sur le sol calédonien d’au moins dix ans mais pas davantage. Ainsi, des métropolitains installés depuis plus de dix ans pourraient voter. Avec le nouveau projet du Gouvernement qui fait débuter cette obligation de résidence décennale à novembre 1988, ce sera impossible. Le chantage de quelques extrémistes kanaks de plus en plus isolés l’aura emporté sur les principes républicains.

Il fallait voir hier soir la mine presque honteuse de bon nombre de responsables politiques pour comprendre qu’ils n’étaient pas très fiers de leur vote. Malheureusement le sujet est si complexe, le territoire si éloigné, les médias si discrets que cette nouvelle et grave entorse aux principes de la République fera peu de vagues.

Pour ma part, je suis fier d’avoir voté contre. Je ferai tout pour que ni le Gouvernement ni le PS, dans cette affaire, n’obtiennent la majorité des deux tiers en Congrès à Versailles !