Le Nord Pas de Calais ne mérite pas les clichés habituels. J’aime beaucoup cette région méconnue. Joie de vivre, sens de l’effort, générosité, rigueur, pudeur, marquent les habitants de cette terre qui a traversé dignement notre histoire.

De retour à Paris, je constate que si l’année a changé, rien ne change !

La farce présidentielle continue … Ségolène Royal ne dit toujours rien sur rien et s’apprête à s’envoler pour la Chine. Nicolas Sarkozy prépare l’exploit d’organiser des primaires dont il sera l’unique candidat. Jean-Marie Le Pen est silencieux et engrange. Quant aux Chiraquiens, on ne sait trop quelle est la part de sérieux et de bluff dans leur petit jeu de « je t’aime, moi non plus » avec Nicolas Sarkozy. MAM fait un pas en avant, deux en arrière. Comme toujours quand tout semble perdu pour lui, le Président de la République se surpasse ! Ses vœux à la nation étaient un modèle du genre ! Le drapeau tricolore envahissait l’écran et, comme on fait les meilleures sauces dans les plus vieux plats, tous les thèmes de ses campagnes les plus réussies ont tout à coup resurgi. L’unité de la République, le modèle social français, l’indépendance nationale, l’écologie planétaire. Malheureusement, toutes ces belles intentions n’ont jamais été, à quelques exceptions près, mises en œuvre et je doute que les Français puissent continuer à croire en leur sincérité. Il reste que le Président, en authentique animal politique qu’il est, a bien compris que les Français ne souhaitent ni du retour des socialistes ni de la droite américaine de Nicolas Sarkozy.

Raison de plus pour poursuivre mon chemin. L’horizon d’ailleurs se dégage. Avec l’abandon de Jean-Pierre Chevènement, beaucoup de républicains de l’autre rive me rejoignent. Désormais je suis le seul, hors les extrêmes, à représenter tous ceux qui ont voté NON à la constitution européenne et n’entendent pas se faire berner par les deux candidats du OUI.

Tout l’enjeu maintenant est à la fois de recueillir les 500 signatures d’élus locaux et de se faire entendre dans les médias. Tous ceux qui connaissent un maire, un conseiller général ou un conseiller régional doivent le convaincre de me parrainer. Nous venons de dépasser les 350 signatures, il en reste encore 150 à obtenir.

De même, nous devons nous organiser davantage pour faire passer notre message. Partout et sans cesse, il faut rappeler que les Français ont quand même le droit d’avoir le choix. Il faut aussi demander aux Français d’aller à l’essentiel.

En mai 2007, ils devront trancher 5 questions simples :

Celle de l’Europe : un retour de la Constitution, ou la réorientation européenne autour des peuples et des projets.

Celle de la place de la France dans le monde : l’alignement sur les Etats-Unis, ou la renaissance d’une politique indépendante.

Celle de la République : le détricotage de nos principes pour épouser les communautarismes, ou le réveil des exigences républicaines (laïcité, services publics, méritocratie scolaire).

Celle du modèle social : le nivellement par le bas par adoration du veau d’or de la mondialisation, ou une politique d’effort collectif au service de tous (participation, sécurité professionnelle, réforme de la BCE et du libre échange…).

Celle des institutions : la transformation du Président en super Premier Ministre élu par la grâce du show-biz et de coups politiques, ou la refondation de la 5ème République autour d’un Président arbitre à nouveau responsable de ses actes devant le peuple souverain (renforcement des droits du parlement, référendum d’initiative populaire).

En un mot, quel cap pour la France ? Loin de la résignation de la pensée unique, de la mauvaise rupture anglo-saxonne ou de l’aventurisme des extrêmes, je propose une voie finalement très simple et cohérente, celle d’une « certaine idée de la France ».