Voilà ce que vient de me dire au téléphone un Conseiller général que je connais depuis longtemps et à qui je sollicitais un parrainage. Il a ajouté « je voterai pour vous mais, comprenez que les élections cantonales sont en mars 2008 et que si je vous parraine, l’UMP prendra ce prétexte pour me refuser l’investiture et soutenir à ma place un homme beaucoup plus docile que moi, beaucoup moins gaulliste mais qui leur rendra service en toute occasion". Il terminait son propos en me félicitant, mais en m’indiquant que nous étions dans une République oligarchique où de grandes familles (médias, finances et politiques) se cooptent.

Je pourrai citer quantité de témoignages identiques. De très nombreux Maires ou Conseillers généraux hésitent à parrainer car ils savent que le système bi partisans est devenu impitoyable avec les esprits libres. Heureusement, certains, bien implantés sur leur territoire, soutenus par leurs habitants, dotés de convictions bien arrêtées, osent franchir le pas du parrainage malgré la proximité des échéances municipales. Chaque jour, nous avons notre lot de déconvenues et de bonnes surprises. C’est une course infernale contre la montre pour obtenir les 500 parrainages.

Je suis tout prés du but, il m’en manque une cinquantaine. Une nouvelle fois, je demande à chacun de n’écarter aucune piste, d’aller à la rencontre des Maires pour les convaincre que notre démocratie a besoin de leur liberté. Le choix est simple, acceptons-nous de voir mis en place des primaires pour sélectionner des candidats, de surcroît au suffrage censitaire, puisque 45 mille élus décident à la place de 40 millions d’électeurs ?



Les Maires ont encore 10 jours pour réfléchir. J’espère qu’ils raisonneront comme cet agriculteur du Cantal, qui m’a dit ce matin, lorsque je visitais sa ferme : « il n’y a pas de petits candidats, comme il n’y a pas de petits paysans ou petits maires. En République, l’égalité du citoyen a un sens » et il a ajouté dans un grand éclat de rire « les petits ruisseaux font les grandes rivières ».