Alors que se déploient les grandes manœuvres du second tour, avec leur cortège de petites phrases, de coups tordus et d’incantations fracassantes, une lecture attentive de la presse nous révèle combien les grands enjeux qui attendent notre pays sont absents du débat.

J’en veux pour preuve trois dossiers majeurs sur lesquels semble régner un consensus de silence et de résignation.

L’énergie, tout d’abord. Dès le 1er juillet cessera le monopole de distribution d’EDF et de GDF, porte toute grande ouverte à une ouverture de la concurrence pour nous synonyme de renchérissement fatal des tarifs.

En effet, pour que la concurrence puisse exister en France sur ce marché, c'est-à-dire pour que des entreprises non-nationales puissent y intervenir, il est nécessaire qu’EDF et GDF sacrifient la modicité de leurs tarifs que nous garantissent depuis plusieurs décennies notre atout nucléaire et des accords d’approvisionnement privilégiés en gaz naturel avec des pays producteurs.

En clair, la France doit renoncer à des avantages comparatifs parfaitement loyaux au nom d’une sacro-sainte concurrence qui va spolier les Français pour enrichir de manière astronomique des actionnaires désormais de plus en plus privés. Le monde à l’envers. Voilà un thème dont vous n’entendrez pas parler d’ici au 6 mai, puisque la seule manière d’éviter ce scandale national c’est de maintenir notre monopole et de déchirer quelques directives bruxelloises.

Idem pour la flambée de l’euro, qui vient de crever son record historique à la hausse ! Que de déclarations fracassantes depuis des mois sur sa surévaluation, la nécessité de le mettre au service de la croissance et de l’emploi, ou encore la prise en main de la politique de change par l’Eurogroupe (en application des traités !). Mais dans ce registre, nos partenaires européens nous regardent, goguenards : « Cause toujours, tu m’intéresses ! ».

Ils savent bien qu’au-delà des grandes phrases, aucun finaliste à l’élection présidentielle n’osera contester les dispositions monétaires du traité de Maastricht, sur lesquelles veille l’Allemagne comme un vrai chien de garde.

Dernier dossier, tout aussi accablant : l’accélération des migrations internes à l’UE entre l’est et l’ouest. Sans aucune nécessité, le gouvernement a accepté la libre circulation des travailleurs roumains et bulgares dans une foule de professions, sans attendre la fin de la période conservatoire qui lui aurait permis de repousser cette décision à plusieurs années. Comme on pouvait s’y attendre, la plupart de nos voisins s’y sont de leur côté fort logiquement refusés.

Cette décision incompréhensible et prise à la sauvette renforce la tentation très forte de l’exil à l’ouest qui existe dans ces pays avec, nous révèle Le Monde, une conséquence inattendue : la Roumanie fait massivement appel à des travailleurs… chinois pour combler ses besoins de main d’œuvre ! On marche sur la tête, dans le silence sidéral des grands partis et de leurs champions.

Ces trois exemples, dont vous n’entendrez pas parler avant le 6 mai (ni après d’ailleurs), illustrent plus que jamais la nécessité de poursuivre et prolonger le combat que nous avons mené en 2005 et en 2007 : seule la création d’un vrai parti gaulliste et républicain nous permettra d’y parvenir dans de bonnes conditions.

J’invite toutes celles et tous ceux qui auraient voulu voter pour moi le 22 avril à me rejoindre pour faire vivre cette espérance nouvelle et nécessaire.