La polémique sur la présence du drapeau européen aux côtés du drapeau français dans l’hémicycle, derrière le Président de l’Assemblée, est tout à fait symbolique de la confusion des esprits qui règne aujourd’hui.

Depuis l’élection de Nicolas Sarkozy, dans une sorte de jubilation postélectorale, des défenseurs de l’Europe supranationale, désavouée le 29 mai 2005, prennent leur revanche contre le peuple, multipliant les gestes symboliques censés montrer la conversion des Français à «l’européisme» le plus béat après, je cite, «une erreur en 2005».

Ils se trompent lourdement sur le sens de l’élection de Nicolas Sarkozy. Car s’il est vrai que ce dernier avait annoncé un traité simplifié adopté par le Parlement (c’était là la raison de ma propre candidature présidentielle), le futur Président de la République s’était bien gardé de dire que ce traité simplifié serait la copie conforme de la Constitution.

Tout au contraire, dans le débat face à Ségolène Royale, il avait insisté sur le fait que, je cite, «la Constitution est morte».

De surcroît, toute sa campagne a été construite autour du thème du retour de la volonté politique et de l’identité française face aux errements de la BCE, de la Commission, de l’OMC. Une fois l’élection passée, on s’aperçoit malheureusement du grand écart entre les discours et les actes.

En vérité, aujourd’hui, ceux qui ont été désavoués en 2005 par le peuple français, font tout pour manipuler et cadenasser l’opinion, la préparer en quelque sorte à accepter avec résignation le futur traité qui, dans les faits, liquide la souveraineté démocratique française.

Car oui, avec cette Constitution là, on passerait, pour prendre les décisions européennes, de l’unanimité des Etats à la majorité qualifiée dans des domaines clefs (négociations commerciales, immigration, services publics, justice et coopération policière, etc.).

Ainsi, le peuple français par ses représentants, Députés et Sénateurs, ne ferait définitivement plus la loi française dès lors qu’une majorité d’Etats au Conseil des Ministres Européen en déciderait autrement.

Pour masquer ce fait fondamental qui équivaut à un suicide parlementaire et démocratique, on fait croire que c’est la seule façon de bâtir l’Europe.

D’où ces actes symboliques comme le défilé des armées européennes le 14 juillet, le drapeau européen sur le quai d’Orsay et, maintenant, comble de tout, le drapeau européen à l’Assemblée Nationale.

Je n’ai rien contre ce drapeau européen qui peut symboliser notre lien privilégié avec nos pays frères. On pourrait d’ailleurs ajouter celui de l’ONU qui symbolise l’amitié entre tous les peuples. Mais l’Assemblée Nationale est l’endroit même où il n’aurait aucun sens puisque, par essence, nous, les Députés, représentons la Nation française. Seul le drapeau tricolore peut donc figurer.

A moins, mais alors il faut le dire franchement, que l’Assemblée Nationale devienne une assemblée régionale et que donc nous soyons obligés de faire allégeance à une nouvelle souveraineté extérieure : celle d’une nouvelle Nation, l’Europe.

Si tel était le cas, il faudrait consulter le peuple car sinon il s’agirait d’un coup d’Etat. Mais cette consultation est refusée aujourd’hui.

Derrière cette affaire du drapeau, il y a bien une mystification profonde. La rentrée sera donc décisive. Profitons de vacances bien méritées pour nous préparer au combat politique de l’automne.

Je reprendrai mon blog à compter du 10 août prochain.

Bon repos à tous !