La politique étrangère est un domaine où la France n’avait pas besoin de la fameuse « rupture » chère au Président de la République.

Si l’on écarte en effet la politique européenne, le bilan diplomatique de Jacques CHIRAC impose le respect général. Au fil des ans et dans la droite ligne de la 5ème République, il a su bâtir une politique étrangère cohérente et forte de sens.

Malheureusement, comme je le craignais avant l’élection présidentielle, les premiers pas diplomatiques de l’Elysée ne peuvent qu’inquiéter.

Pourquoi voler ainsi au secours d’un Président BUSH à bout de souffle et infléchir la ligne de la France en Irak au moment où les faits nous donnent raison ?

Le voyage de Bernard KOUCHNER à Bagdad révèle ce besoin permanent des milieux atlantistes de plaire, voire de complaire au pouvoir américain qu’ils confondent d’ailleurs avec le peuple américain.

AZNAR, BERLUSCONI ET BLAIR disparus, est-il honorable de vouloir les remplacer ?

Comble de l’absurde, Bernard KOUCHNER cautionne de fait la présence des troupes américaines en Irak au moment où Hillary CLINTON demande leur retrait ainsi que la démission du Gouvernement fantoche à la botte des forces d’occupation.

Dommage que le Président de la République n’ait pas saisi l’occasion de ses vacances aux Etats-Unis pour s’adresser au peuple américain qui se prépare à choisir un nouveau président et une autre politique !

Quant à la triste affaire des infirmières bulgares, mérite-t-elle tant de fanfaronnades ? Fallait-il pour briller le temps d’un « coup de com », céder à ce chantage et payer si cher leur libération ?

Pourquoi refuser la prolifération en Iran et la nourrir en Lybie ? Peut-on faire confiance à un dirigeant qui a fait exploser en vol des avions civils ? Toutes ces questions en démocratie sont légitimes.

Enfin le discours de Dakar, qui a suscité un tollé en Afrique, comme la visite à Omar BONGO ont-il un sens pour démarrer la nouvelle politique africaine tant vantée ?

Au terme de cet été, j’espère que le Président de la République comprendra qu’une politique étrangère digne de ce nom s’adresse aux peuples de la Terre plutôt qu’à la seule opinion nationale.

Cohérence dans la durée et coups médiatiques ne font pas bon ménage, surtout pour les éditorialistes des journaux étrangers qui sont moins dociles que ceux de chez LAGARDERE ou DASSAULT. Une politique étrangère n’est pas là pour servir l’image du Président, mais pour servir celle de la France.