Tout au long de la campagne électorale présidentielle, Nicolas SARKOZY a promis de s’opposer à l’entrée de la Turquie dans l’Union Européenne. S’il est un des engagements auquel beaucoup de Français ont cru, c’est bien celui là. Je dois le reconnaitre moi aussi. Car cela fait des années que le Président a toujours été opposé à cette dilution de l’Europe. C’était d’ailleurs un de nos points d’accord.

Malheureusement, dans son discours devant les ambassadeurs le 27 août dernier, le Président a cédé à la pensée dominante bruxelloise. Il a accepté d’ouvrir les chapitres des négociations d’adhésion.

Ce qui avait été présenté en juin comme une mesure technique, « la France n’avait pas mis son véto à deux chapitres mineurs des négociations », devient la règle.

Le Président se réfugie derrière l’idée fumeuse d’une commission sur le devenir de l’Europe dans 20 ans pour habiller ce volte-face.

Après la signature du fameux mini-traité, qui ressuscite une Constitution Européenne que le candidat disait morte ; après les courbettes devant les ministres des finances de la zone euro, voilà donc le troisième reniement d’engagements de campagne.

Tous les Français qui avaient cru qu’avec Nicolas Sarkozy la France allait redevenir maîtresse de son destin, ne peuvent que déchanter. Derrière ces renoncements successifs, il y a, malheureusement, le constat que la Présidence Sarkozy débute comme celle de François Mitterrand ou de Jacques Chirac : après avoir gagné l’élection sur le thème « la France est de retour », on gouverne en obéissant à Bruxelles devenu le nouveau maître.

Or, si l’on veut de vrais résultats dans notre pays, tant dans le domaine économique que dans ceux de la sécurité ou de l’immigration, il faut desserrer ce carcan européen qui n’a rien à voir avec la belle idée européenne. En un mot, il faut rebâtir l’Europe sur des bases saines.

Nicolas Sarkozy aurait pu être celui-là, malheureusement sa volonté n’était qu’une tactique de prise de pouvoir et il lui manque aujourd’hui le courage d’aller au-delà des simples bonnes intentions. Il se condamne de fait, en ne conquérant pas pour la France une nouvelle marge de manœuvre, à reproduire les échecs des gouvernements précédents.