En recevant en grande pompe le colonel Kadhafi, le Président de la République paye au prix fort, celui de la dignité de la France et de son image dans le monde, le coup médiatique de la libération des infirmières bulgares.

Preuve s’il en était besoin qu’une politique étrangère ne doit pas être une addition de coups d’éclats mais une succession de discours et d’actes cohérents.

J’ai toujours défendu la « realpolitique » et je me méfie de la gesticulation « droits de l’hommiste ». Pour autant, attention à ne pas justifier l’injustifiable. En l’occurrence la visite telle qu’elle est organisée ces jours-ci va trop loin, beaucoup trop loin.

Tout d’abord, comment ne pas penser aux victimes françaises du DC10 d’UTA. Ensuite, comment accepter d’honorer celui dont le régime a enlevé et séquestré les fameuses infirmières. Enfin, pour quelques contrats de gagné, quelle perte de crédibilité pour notre pays dans le monde entier !

Le tout, sans même parler du brouhaha, voire de la cacophonie, au plus haut niveau de l’Etat, qui brouille encore davantage la réputation de notre pays.

L’image d’une Nation vaut bien plus que quelques promesses de gain immédiat. Beaucoup de Français ce soir sont tristes pour la France ! Décidément, après la Constitution européenne bis sans consultation du peuple, les embrassades excessives avec le président Bush et les velléités de retour dans le commandement militaire intégré de l’OTAN, les premiers pas de Nicolas Sarkozy en politique étrangère s’apparentent à une gesticulation qui ne peut qu’inquiéter toutes celles et tous ceux qui croient en une "certaine idée de la France" !