Le « plan de relance européen », comme l’ont pompeusement baptisé certains observateurs pour sauver la face de l’Europe supranationale et ménager l’Allemagne (qui porte une écrasante responsabilité dans ce fiasco), est une pure vue de l’esprit.

Pour l’essentiel, il n’est, en effet que l’addition des plans de relance nationaux qu’à défaut de vouloir démultiplier en les coordonnant, on se contente d’additionner, comme on ajoute des carottes et des choux fleurs, en les emballant dans un joli papier cadeau bleu étoilé.

Il est très dommage que l’Europe n’ait pas voulu saisir cette chance historique qui lui aurait permis d’affirmer son efficacité et, partant, sa légitimité. Quels effets gigantesques aurait eu un vrai plan de relance européen, mobilisant en les articulant les ressources nationales et recourant en même temps à un emprunt européen massif, par le biais de la BEI !

Mais, pire encore, l’Europe bruxelloise empêche les Etats-nations de palier sa propre incurie, en maintenant « en tendance » l’objectif des contraintes de Maastricht, auxquelles les pays-membres devront dès 2011 se conformer à nouveau… En clair : « Relancez autant que vous voulez, mais pas trop, pas trop longtemps et puis… soyez sous les 3% dès 2011 ! » Dans le genre contradictoire et paralysant, on ne saurait mieux faire. A nouveau l’UE ne fait pas, fait mal et empêche les Etats de faire. Et il y en a encore qui prétendent pompeusement que « l’union fait la force »…

La réforme de l’audiovisuel public vaut, elle aussi, son pesant de mensonge et de mystification. Certes, il est louable de vouloir mieux gérer la télévision publique en rationalisant ses structures. Il est également souhaitable de supprimer une partie de la publicité de ses antennes, ainsi que DLR l’avait réclamé, à tout le moins pour les publicités alimentaires durant les programmes pour les enfants et les jeunes.

Mais bien sûr, pour être cohérent, cela implique une réelle mobilisation de moyens pour compenser les pertes de ressources - voire les remettre à niveau (par rapport à la BBC britannique ou à la ZDF allemande) – afin de maintenir et même redresser la vocation qualitative de la radio-télévision française.

Mais hélas, rien de tout cela dans la politique de l’Elysée : une recherche presque « punitive » de compression tous azimuts de la dépense publique, conjuguée à la volonté de faire plaisir aux amis du Président (auxquels, cette fois, sera offerte sans contrepartie réelle la manne publicitaire prise à France Télévision) et assortie, en l’espèce, d’une volonté de mise au pas sans précédent des médias. Comment comprendre autrement l’acharnement de Nicolas Sarkozy à vouloir nommer personnellement le futur directeur unique de France Télévision ? Comme si, à défaut de pouvoir convaincre les esprits, on cherchait purement et simplement à les endoctriner… Espérons que les journalistes de France Télévision, de radio France (mais aussi ceux de l’AFP, prochains sur la liste) sauront se mobiliser pour empêcher ce nouveau recul, majeur celui-là, de notre démocratie !

Enfin, que dire de l’instauration du travail dominical ? Le bon sens comme l’analyse plus poussée des choses conduisent à en rejeter le principe même, à quelques très rares exceptions près. C’est bien pourquoi tant de parlementaires UMP et Nouveau Centre ont finalement déterré la hache de guerre contre le gouvernement. Ces parlementaires courageux - excédés ? – ne doivent pas se laisser impressionner par les menaces des ténors de la Sarkozie, car une immense majorité de Français les soutient. Ils ont bien compris qu’on ne fera pas plus de croissance avec cette mesure, qu’on ne s’en tiendra pas dans les faits à une démarche reposant purement sur le volontariat, mais qu’on déstructurera un peu encore une société déjà mise à rude épreuve par la crise naissante…

Ainsi donc, la semaine écoulée a ressemblé à celles qui l’ont précédée : l’impuissance publique mène à la démagogie et la démagogie, à la volonté de contrôler les esprits. Mais tout cela aura une fin. C’est à cette fin, pour que la France connaissent enfin le nouveau départ auquel ils aspirent, que Debout la République contribuera désormais en tant que formation politique à part entière.

A très bientôt.