Mais pire encore, cette mesure intervient au moment où la France connaît une crise sans précédent. L’Etat tire un trait sur 450 millions de recettes publicitaires qui bénéficiait au service public ? Je ne savais pas notre pays aussi riche pour se permettre une telle perte de recettes.

450 millions d’euros, ce n’est pas rien. Avec cette somme on aurait pu par exemple accorder une rallonge aux hôpitaux publics qui sont aux abois, ou alors construire des structures d’accueil décentes pour les sans-abris pour lesquels Nicolas Sarkozy avait promis il y a deux ans, qu’aucun d’entre eux ne dormirait dehors cet hiver !

Je croyais que la majorité avait été élue sur la réduction des taxes ou impôts divers. Or, pour compenser le manque à gagner des chaînes publiques, on va créer bien évidemment deux taxes nouvelles. Deux taxes nouvelles dont ses contributeurs ne manqueront pas, bien évidemment, de trouver le moyen de répercuter sur les consommateurs… On est bien loin des engagements de la campagne présidentielle.

En vérité, une fois de plus, c’est la politique du coup d’éclat qui a primé sur toute raison. Bien évidemment, je ne suis pas totalement hostile à une réduction du nombre d’écrans publicitaires sur les chaînes publiques, mais pourquoi ne pas, une fois de plus, avoir réfléchi avant d’agir, lancé une véritable concertation tant sur la réforme que sur ses modalités, bref pourquoi ne pas avoir pris le temps d’organiser les choses ? Ou alors faut-il comprendre que la suppression de la publicité sur les chaînes publiques n’est qu’une manœuvre de diversion, le faux-nez du cœur de cette réforme, la nomination directe et personnelle du président de France Télévisions par le locataire de l’Elysée ou un coup de pouce aux amis propriétaires des chaînes privées ?

Il est vrai qu’il est plus facile de supprimer la publicité aux frais du contribuable ou de l’usager que de mettre en œuvre un plan cohérent de lutte contre le chômage et de relance de l’économie…