Ce n’est pas le cas en matière économique aujourd’hui, très loin de là. Le projet de plan de relance du PS est à cet égard affligeant, puisqu’il prône la relance par la consommation sans remettre en cause le libre échange intégral voulu à Bruxelles, lequel rend absurde toute politique de ce type (comme ont beau jeu de le souligner le gouvernement et la majorité).

Ainsi, comme l’UMP, le PS refuse de voir qu’il n’y a pas de redressement possible de la France sans changer le cadre européen. Bien sûr, comme d’habitude, l’approche des élections européennes fait resurgir à sa tête l’éternelle tarte à la crème de « l’Europe sociale ». Mais comment y prêter le moindre crédit ? Comment ignorer la sécession d’une partie du PS, emmenée par Jean-Luc Mélenchon, précisément pour cette raison ?

Comment oublier, en ce qui concerne plus particulièrement l’actuelle première secrétaire du PS, Martine Aubry, les promesses que cette dernière avait faites juste avant la ratification du traité de Maastricht en 1992, et qu’un blogueur associé du site Marianne2.fr vient de rappeler fort à propos : « C’est principalement peut-être sur l’Europe sociale qu’on entend un certain nombre de contrevérités. Et ceux qui ont le plus à gagner de l’Europe sociale, notamment les ouvriers et les employés, sont peut-être les plus inquiets sur ces contrevérités [...] Comment peut-on dire que l’Europe sera moins sociale demain qu’aujourd’hui ? Alors que ce sera plus d’emplois, plus de protection sociale et moins d’exclusion. » (Martine Aubry, 12 septembre 1992, Béthune). CQFD…

Debout la République garde le cap, face à une UMP et un PS qui ne veulent pas, chacun à leur façon, remettre en cause le cadre européen. Un cadre européen qu’ils ont infligé au peuple français contre sa volonté, qui prive le pays de toute marge de manœuvre pour se redresser, mais qu’ils n’ont, bien entendu, pas le courage ni la franchise d’assumer !

C’est ainsi, en évitant le piège d’un front commun avec un PS en réalité d’accord avec l’UMP sur l’essentiel, que nous serons pleinement en mesure de proposer aux Français une autre Europe le 7 juin.

Quant à la journée d’action du 29 janvier, elle exprime le ras le bol légitime des salariés et mérite compréhension et même soutien. Chaque membre de Debout la République peut donc s’y rendre sans se laisser instrumentaliser par quiconque et en laissant de surcroît le mouvement syndical s’exprimer sans chercher à le récupérer.

Jouons notre rôle de parti politique en faisant connaître nos solutions concrètes pour sortir de la crise. Des solutions fortes que nous avons proposées il y a déjà des mois. Des solutions qui vont aux racines des problèmes. Des solutions cohérentes et globales, bien loin du bavardage des deux partis dominants, de leurs alliés et de leurs faux opposants.