Quand j’ai regagné mon banc, plusieurs de mes collègues m’ont regardé en soupirant et marmonnant : « il a raison, quand je pense qu’on est obligé de voter cette connerie ». Triste démocratie !

Voilà le résultat du parti unique à droite qui interdit tout renouvellement, toute diversité, tout débat.

Comme je l’avais d’ailleurs pressenti au moment de la révision constitutionnelle, il n’y a de fait, aucun rééquilibrage en faveur du Parlement car l’Assemblée Nationale se confond avec le groupe UMP et ce dernier est présidé de fait par le Président de la République, même si Jean-François Copé fait ce qu’il peut pour conquérir une marge de manœuvre.

Comment dans ces conditions redonner une crédibilité à notre vie politique ? Comment les Français pourraient-ils à nouveau croire en une capacité collective à changer les choses ? Une bande s’est emparée du pouvoir et veut exploiter le plus vite possible le gisement de privilèges, d’avantages, de renvois d’ascenseur qu’il peut procurer si on en abuse avec cynisme !

Pour le faire pleinement, vite, discrètement, il faut endormir le peuple, réduire au silence les voix discordantes, tenir les médias, acheter les uns, menacer les autres.

Bernard Tapie, enrichi par le contribuable (130 millions d’euros, décidément ce n’est pas la crise pour tout le monde !) avec la bénédiction de l’Elysée fait la une admirative du Point, quelle caricature plus choquante de l’affairisme le plus immoral ! Les patrons du CAC 40 continuent d’abuser des largesses financières car le gouvernement ne veut toujours pas légiférer. Les majors du disque tiennent la plume du Ministre de la Culture. Carla amuse la galerie en visite officielle en Espagne.

Pire encore, pour la première fois depuis la fondation de la Vème République, une élection est passée sous silence, sous prétexte qu’elle n’intéresse pas les Français. En vérité, les élites traumatisées par la victoire du NON en 2005 ne veulent surtout pas rouvrir le débat européen en 2009 !

Et pendant ce temps-là, les usines ferment, les agriculteurs n’arrivent plus à vivre de leur travail, l’hôpital public est sacrifié (même Bernard Debré, député UMP, manifeste…).

Les Français souffrent, ils sont pour l’instant résignés car ils ne croient plus en rien, à force d’avoir été trompés par leurs propres dirigeants. Pour autant, je reste convaincu qu’un grand peuple comme le nôtre ne peut demeurer longtemps silencieux. Viendra le moment de la renaissance. A nous de la préparer et de la faire éclore.

Nous en reparlerons car je dois filer en séance, il est 1 heure du matin et les débats reprennent.