Mais personne n’est dupe de cette proposition qui, par l’intermédiaire des zones touristiques, va généraliser le travail le dimanche sans même offrir les compensations habituelles à tous les salariés. Seuls ceux travaillant le dimanche dans les périmètres d’usage de consommation exceptionnels autorisés dans les zones urbaines de plus d ’un million d’habitants, bénéficieront d’un double salaire, à défaut d’accord entre partenaires sociaux.



Ainsi, comble de l’absurde, le statut du salarié ne sera pas le même selon que ce dernier travaille dans une zone touristique ou un « périmètre d'usage de consommation exceptionnel » (PUCE).



Pire encore, la définition des zones touristiques est confuse, le nombre de communes concernées variant de 500 à 6000, et abritant ainsi jusqu’à la moitié de la population française.



A partir du moment où l’on autorise le travail le dimanche sur une si large échelle, il va de soi que ce système ne tiendra pas longtemps car beaucoup de commerçants, pour lutter à armes égales, seront obligés de demander une autorisation d’ouverture qui par ailleurs pénalisera leur management.



La manœuvre est habile. Faut-il que les parlementaires UMP soient bien naïfs ou bien cyniques pour prétendre avoir obtenu gain de cause ? L’affaire est d’autant plus grave que cette proposition de loi est issue d’un véritable caprice présidentiel, de surcroît totalement contradictoire avec le discours de Versailles censé promouvoir les acquis du modèle social et républicain français hérité du Conseil National de la Résistance.



Le double discours présidentiel atteint des niveaux qui frisent l’imposture. N’en déplaise aux postures inspirées par Henri Guaino , c’est bien la loi du fric maximum pour quelques uns qui balaye tout.



Car non seulement cette mesure va désorganiser la vie des familles, mais elle n’a aucun intérêt économique, la plupart des fédérations patronales y étant hostiles.



Il s’agit d’un vrai recul de civilisation.