Comment, en effet, accepter la demande de remboursement de l’Union Européenne par des producteurs de fruits et légumes qui n’ont fait que profiter de dispositifs décidés et mis en œuvre par les prédécesseurs du Ministre actuel de l’Agriculture.

Il n’y a donc plus de continuité de l’Etat, ni de crédibilité de l’action gouvernementale. Pourquoi ? Tout simplement car le Gouvernement préfère obéir à l’Union Européenne qu’il considère comme une autorité supérieure, que de respecter les principes de tout Etat de droit.

Cela en dit long sur la résignation de notre caste dirigeante et son incapacité à assumer ses responsabilités.

Cela pose aussi un problème majeur de gouvernant, car comment désormais le citoyen peut s’y retrouver si l’autorité qui lui a accordée une subvention, demande 17 ans après les faits son remboursement (la Commission réclame le remboursement des subventions versées de 1992 à 2002) ?

Dans cette affaire, la moindre des choses serait que l’Etat ne se retourne pas contre les producteurs de fruits et légumes et règle ses comptes avec Bruxelles.

L’instant de vérité est là devant nous : soit la France accepte la vision dogmatique de la libre concurrence de Bruxelles et alors c’est la mort de notre agriculture dont les surcoûts sociaux et environnementaux ne pourront plus être compensés, soit le Gouvernement met en pratique ses discours électoraux et dit alors clairement à Bruxelles que la France refuse cette interprétation des traités. Mais il faudrait aussi que nos dirigeants cessent de signer ces traités sans les lire !

Affaire à suivre …