Le léger regain de croissance s’effectue donc une fois de plus à crédit. Les chiffres du commerce extérieur témoignent de la faiblesse de notre compétitivité, de l’ampleur des délocalisations et du manque d’investissements dans les secteurs d’avenir.

Ainsi, au 1er semestre 2009, le déficit du commerce extérieur français a baissé de 1,4 milliard passant de 26,8 à 25,4 mais la facture énergétique a baissé de 9 milliards d’euros, ce qui veut dire concrètement que le déficit structurel s’accroît encore.

Une fois de plus, ces chiffres alarmant sont tus, car ils révèlent le piège mortel pour notre économie du mélange de l’ouverture totale des frontières, de l’euro cher et des charges sociales trop élevées. Il est en effet suicidaire de cumuler ces trois contraintes. Soit l’on accepte le libre échange intégral mais on utilise sa monnaie, comme le font les Etats-Unis, la Grande Bretagne et la Chine pour gagner des positions commerciales. Soit l’on conserve une monnaie forte, mais alors on baisse les charges comme l’a fait l’Allemagne avec la TVA sociale, ou on se protège habilement du libre échange, comme le fait le Japon.

Notre pays, lui, subit les trois contraintes et laisse en conséquence le chômage de masse gangréner notre société. Il est masqué certes par les transferts sociaux, mais il progresse d’année en année paupérisant une part croissante de la population. De surcroit, les dépenses sociales pèsent de plus en plus sur les déficits et donc les dettes.

Mais quand décidemment nos élites ouvriront-elles les yeux ? Espérons qu’un jour, avant qu’il ne soit trop tard, notre pays retrouve sa lucidité sur les causes du mal qui le ronge !