L’avenir des libertés numériques devient très sombre en Europe avec cette trahison des eurodéputés. Il se dessine au mieux un Internet à l’australienne, démocratie sous surveillance où les courriers électroniques sont ouverts, lus, et filtrés par une autorité administrative de type HADOPI, et au pire un Internet à la chinoise.

La trahison des députés européens qui viennent de renier ainsi leur propre vote (l’amendement 138 avait été voté, pour la seconde fois il y a seulement 6 mois), prouve que l’adoption de l’amendement en question s’est produite à l’époque de façon parfaitement cynique avant les élections, comme je l’avais déjà souligné d’ailleurs.

Comment l’eurodéputée socialiste, Madame Trautmann, ose-t-elle solliciter le suffrage de ses concitoyens sur une position claire avant les élections, et en adopter une autre après ? Comment peut-elle, en tant que rapporteur du texte et à 6 mois d’intervalle, soutenir l’amendement 138, puis le vider de son sens ? La seule chose que l’on peut dire c’est qu’on connait maintenant la période de péremption de sa parole : 24 semaines.

Quant au PS, quelle est sa position sur HADOPI et la riposte graduée ? Difficile à dire : contre à l’Assemblée Nationale, c’est certain. Mais ils sont pour au Sénat. Au Parlement européen ils sont contre avant les élections, et pour après !

Remarquons, en passant, qu’au niveau européen les députés du PS qui font leur travail sont soit dirigés vers la sortie (c’est le cas de Guy Bono co-auteur de l'amendement 138), soit positionnés dans les listes pour au final être inéligibles afin de laisser la place à des apparatchiks bien inertes - évidemment à l’UMP c’est différent, la sélection se faisant au mérite !

Moralité : il ne faut pas caricaturer l’UE comme le font certains grincheux qui la comparent à la défunte Union soviétique… En URSS les dissidents disparaissaient, en UE ils sont juste écartés, voilà qui est tout de même, chacun en conviendra, plus sympathique !