Hélas, le gouvernement actuel, là comme ailleurs, a tendance à se réfugier derrière des propos martiaux ou des satisfecit pour faire oublier l’insuffisance criante de ses résultats, lorsqu’il ne s’agit pas de la baisse délibérée des effectifs de sécurité publique au nom d’une politique à très courte vue de maîtrise de la dépense publique (RGPP) ! Après la volonté de rupture affichée par le candidat Sarkozy en 2007, on a vraiment l’impression, ainsi que je l’écris aujourd’hui dans le magazine Valeurs Actuelles (tribune accessible sur le site de Debout la République), à un retour en catimini de la pensée unique.

Au-delà des statistiques, que les stratèges de la communication politique s’emploient si bien à travestir, il y aussi les exemples concrets observés dans la vie courante.

Ainsi, dans une ville de ma circonscription en Essonne, un trafiquant de drogue a été interpellé par les services de police, dont je tiens ici à saluer la ténacité et l’efficacité. Passé en comparution immédiate, il a écopé d’une peine de 30 mois de prison (dont 10 fermes) et d’une amende de 4000 €, ce qui n’est pas cher payé vu la gravité des faits reprochés : trafic de stupéfiant, détention d’armes et d’une somme suspecte de 20 000 € en espèces. Pire, on est en droit de s’inquiéter après l’adoption toute récente de la loi pénitentiaire, qui prévoit la conversion automatique en peines de substitution des condamnations à moins de deux ans de prison ferme !

De même, l’argent a été confisqué lors de la perquisition au domicile du trafiquant, mais… a été restitué au père, qui prétend qu’il lui appartient ! Mais détient-on plusieurs dizaines milliers d’euro en liquide à son domicile ?!

Cet exemple n’a bien sûr aucune commune avec des situations beaucoup plus graves que l’on peut observer dans le nord de la région parisienne. Je signale à cet égard une enquête passionnante et surprenante publiée par le quotidien Libération il y a quelques semaines, révélant comment une bande de jeunes trafiquants de drogue met en coupe réglée des quartiers de la ville de Sevran, en Seine-Saint-Denis : cette bande fait quasiment la loi dans la cité au vu et au su des autorités, obligeant les habitants à se terrer chez eux et même parfois, pour les plus fragiles d’entre eux, à accepter de voir leur domicile servir de « dépôt » aux trafiquants, en contrepartie de la « protection » de ces derniers !

A propos de la Seine-Saint-Denis toujours, territoire de la République décidément en terrible déshérence, le quotidien Le Monde a récemment appris à ses lecteurs que les services de l’Etat sont impuissants à empêcher une immigration clandestine ou semi-clandestine massive, le pourcentage de non-nationaux atteignant jusqu’au tiers de la population de certaines communes !

Le renforcement continu de ces ghettos ethniques est totalement alarmant et rend bien dérisoire des débats sur « l’identité nationale » que le gouvernement, pendant ce temps-là, se targue d’organiser.

A cet égard, les prochaines élections régionales ne doivent pas seulement être l’occasion de mettre sur la table les dossiers cruciaux des transports et de l’emploi. Il faudra aussi parler ordre républicain pour qu’enfin on vienne en aide à toutes ces populations abandonnées de la République…