Certains avaient été surpris de cette création nouvelle, se demandant pourquoi je voulais mobiliser les élus locaux contre la réforme des collectivités territoriales. Le projet de loi gouvernemental était si compliqué que peu l’avaient lu. Il n’était pas simple, il est vrai, de se plonger dans les détails des articles pour comprendre les conséquences graves d’une telle réforme sur les territoires de la République et, surtout, leurs habitants.

Aujourd’hui, jour du Congrès des Maires de France, après le coup de gueule de Jean-Pierre Raffarin, tout à coup se produit une immense prise de conscience, dans laquelle s’exprime un mélange d’exaspération et de colère. Le gouvernement s’est, tout seul, mis dans un piège redoutable, présentant un projet plein de contradictions et ne répondant pas aux attentes des élus.

Le Président de la République qui a annoncé sans préparer la suppression de la taxe professionnelle ne veut pas perdre la face tandis que les Sénateurs UMP sont tiraillés entre leur fidélité au gouvernement et leur lucidité sur les périls que recèle cette autre réforme, en réalité jumelle de la précédente.

Le simple bon sens serait bien évidemment de reporter la réforme d’une année, le temps d’étudier sérieusement les conséquences, notamment fiscales, d’écouter les élus et de recueillir vraiment les attentes des Français.

Curieux pays qui semple pris dans un tourbillon d’agitation et qui, sur une question essentielle, n’est pas capable de se poser tranquillement pour rechercher les meilleures solutions.

Le Président de la République, quant à lui, après avoir effectué des annonces fracassantes, est parti en Arabie Saoudite : bonne excuse pour ne pas affronter la colère et le bon sens de milliers d’élus locaux qui doivent préparer le budget 2010 sans connaître les recettes dont ils disposeront.

Mais rien n’est encore joué : la mobilisation des Français et de leurs élus peut encore renverser la balance, comme pour l’EPAD, comme pour la réforme des lycées il y a un an…