En effet, j’avais déposé un amendement au projet de loi visant à supprimer les réductions automatiques de peines instituées en 2004 et s’ajoutant aux remises de peines déjà existantes. La raison en est simple. Avec ce cumul de dispositifs, un criminel, s’il se conduit correctement en prison, n’effectue qu’un peu plus de la moitié de sa condamnation.

C’était d’ailleurs aussi l’objet de ma question au gouvernement - que je vous propose de retrouver sur Daylimotion.

Pendant le débat parlementaire, nous n’étions que quelques uns à faire face à l’alliance objective du PS, du gouvernement et de la majorité UMP. Il était impressionnant de voir le Président de la Commission des Lois, le Ministre et le rapporteur du projet de loi, personnalités au demeurant de grande qualité, s’arc-bouter sur des arguments spécieux et ne voulant pas voir la réalité de la criminalité dans notre pays.

Mélange d’angélisme de la gauche bobo et de cynisme gestionnaire du système, ces réductions de peine multiples visent surtout (de l’aveu même de l’un de ses artisans) à éviter la construction de prisons, coûteuse pour le budget de l’Etat.

A chaque intervention, le même raisonnement l’emportait : « L’opinion publique n’est pas censée comprendre nos affaires. Sa réaction est primaire mais il faut l’excuser. Vous êtes des populistes », etc. etc.

Bien évidemment à aucun moment, tous ces nobles personnages ne se sont posé la question de savoir :

  • pourquoi en Allemagne les réductions de peine sont deux fois moins importantes ;
  • pourquoi aujourd’hui dans les cités les trafiquants de drogue n’hésitent plus à tuer sachant qu’ils ne risquent, s’ils sont pris, que 5 ou 6 ans ;
  • pourquoi nos concitoyens n’en peuvent plus de voir la République et sa Justice bafouées à ce point.

Lors du vote de nos amendements respectifs, nous avons bien évidemment été battus par l’alliance du PS et de l’UMP. Ce qui a été le plus paradoxal d’ailleurs, c’est de voir le Député Michel Hunault, du Nouveau Centre, rappeler à l’UMP que nous défendions une promesse faite récemment par le Président de la République !

Preuve s’il en était besoin, que l’on peut parfois être d’accord avec les discours de Nicolas Sarkozy tout en sachant pertinemment qu’entre les discours et les actes il y a un fossé, je devrais dire même un précipice.

Les discours martiaux pour les journaux télévisés de TF1 et les petits arrangements entre amis de la pensée unique à l’Assemblée Nationale quand il n’y a plus que 15 députés en séance et pas de télévision !

Je maintiens, pour ma part, et ce sera l’un des grands combats de Debout la République, que si l’on veut renforcer la sécurité en France, redonner du courage à nos forces de police, redonner du crédit à notre magistrature, il faut faire en sorte que les peines de prison soient tout simplement appliquées.

Cela implique, avant toute chose, un accroissement réel des moyens de la Justice, qui ont été maintenus par le système UMPS à un niveau indigne d’un pays développé comme la France.